Froid et pluies persistantes : les récoltes sous pression et les prix en hausse

Depuis plusieurs semaines, un épisode marqué de froid et de précipitations soutenues affecte l’ensemble des régions agricoles du Maroc, avec des répercussions contrastées selon les cultures. Si certaines filières tirent profit de ces conditions climatiques, d’autres enregistrent des pertes significatives, entraînant une hausse sensible des prix sur le marché national.
Selon Les Inspirations Éco, les fruits rouges et certaines cultures arboricoles, comme les pommiers, bénéficient de ces conditions, tandis que les agrumes, la pomme de terre, l’oignon et plusieurs légumes maraîchers voient leur développement fortement ralenti. Les températures basses au sol et l’excès d’humidité ont affecté les rendements, accentuant les déséquilibres entre l’offre et la demande.
Dans la région d’Agadir, à proximité de la plaine de Chtouka, principal bassin maraîcher du pays, la tension est déjà perceptible sur les étals. Les prix de la courgette oscillent entre 14 et 15,95 dirhams le kilogramme, le poivron vert entre 7,95 et 9,95 dirhams, tandis que la tomate ronde s’affiche autour de 7,96 dirhams. Les oignons atteignent 10,50 dirhams le kilo et la pomme de terre près de 8 dirhams.
La situation est encore plus marquée à Casablanca, où la courgette se vend jusqu’à 16,95 dirhams le kilogramme et le poivron vert à près de 19,95 dirhams, illustrant l’ampleur des tensions sur les prix. Ces niveaux s’expliquent par plusieurs facteurs conjugués : l’impact direct des conditions climatiques sur les cultures, la hausse des coûts logistiques et la priorité accordée à l’exportation vers les marchés européens et africains, plus rémunérateurs.
Certaines filières sont particulièrement touchées. Dans la région du Gharb, les agrumes, notamment les clémentines, ont subi des pertes importantes en raison des fortes pluies ayant provoqué la chute des fruits. La récolte a également été perturbée par des difficultés de mobilisation de la main-d’œuvre, accentuées par les conditions météorologiques défavorables. La culture de la pomme de terre connaît une situation comparable, avec des volumes en baisse et une pression accrue sur les prix.
À l’inverse, l’oignon vert pourrait connaître une relative stabilisation de ses prix dans les prochaines semaines, grâce à une production moins affectée par le froid. Toutefois, les perspectives restent incertaines. La reprise progressive des exportations après les fêtes de fin d’année, combinée à une demande intérieure soutenue et au risque de nouvelles intempéries, pourrait prolonger la tension sur le marché.
Un éventuel redoux climatique pourrait toutefois favoriser une reprise de la production et apporter un certain répit aux consommateurs. En attendant, cet épisode met une nouvelle fois en lumière la vulnérabilité de l’agriculture marocaine face aux aléas climatiques et la nécessité de renforcer les mécanismes d’adaptation et de résilience, tant pour les producteurs que pour la stabilité des prix alimentaires.
Avec Les Inspirations Eco
