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Histoire : le Premier Homme aurait été bidaoui!

La découverte de fossiles humains vieux de plus de 700.000 ans éclairent une période clé de l’évolution de l’humanité

La mise au jour de nouveaux fossiles d’hominines dans la carrière Thomas I, à Casablanca, apporte un éclairage inédit sur une phase déterminante de l’évolution humaine. L’annonce a été faite mercredi à Rabat, en parallèle de la publication d’une étude scientifique dans la prestigieuse revue Nature.

Ces découvertes s’inscrivent dans le cadre du programme de recherche maroco-français « Préhistoire de Casablanca », mené par une équipe internationale de chercheurs, sous la co-direction de spécialistes marocains et européens. Le programme repose sur une coopération institutionnelle entre l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine (INSAP) et plusieurs universités et organismes de recherche internationaux.

Le matériel fossile mis au jour comprend plusieurs mandibules humaines, appartenant à deux adultes et à un enfant, ainsi que des restes dentaires et post-crâniens. Selon les chercheurs, ces fossiles présentent une combinaison originale de traits archaïques, caractéristiques d’Homo erectus, et de caractères plus évolués, annonçant des formes humaines plus récentes.

Un jalon chronologique exceptionnel
L’un des apports majeurs de cette découverte réside dans la datation extrêmement précise du site. Les sédiments ayant livré les fossiles ont conservé l’enregistrement de l’inversion magnétique Matuyama-Brunhes, survenue il y a environ 773.000 ans. Cette référence géophysique permet de situer les restes humains avec une fiabilité rare pour une période aussi ancienne.

Selon Abderrahim Mohib, directeur de l’INSAP et co-responsable du programme, cette précision chronologique offre « l’un des âges les plus robustes jamais obtenus pour un site africain ayant livré des restes humains ». Elle permet de documenter des populations humaines encore mal connues, situées à une période charnière entre les formes anciennes du genre Homo et les lignées plus récentes.

Un vide du registre fossile comblé
Ces fossiles viennent combler un vide important du registre fossile africain, à un moment où les données paléogénétiques situent la divergence entre la lignée africaine menant à Homo sapiens et les lignées eurasiatiques à l’origine des Néandertaliens et des Denisoviens.

Les chercheurs estiment que ces populations humaines, identifiées à Casablanca, sont proches de cette phase de divergence, renforçant ainsi l’hypothèse de racines profondément africaines de l’espèce humaine, et soulignant le rôle clé de l’Afrique du Nord dans cette histoire évolutive.

Le Maroc, territoire clé de la préhistoire humaine
Présent lors de l’annonce, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a salué le travail scientifique de longue haleine mené par les équipes marocaines en collaboration avec des partenaires internationaux. Il a souligné que la publication dans Nature témoigne de la portée scientifique mondiale de cette découverte.

Cette nouvelle avancée confirme, selon lui, la place du Maroc comme territoire majeur de la recherche archéologique mondiale, après la découverte, en 2017, des plus anciens fossiles connus d’Homo sapiens sur le site de Jbel Irhoud.

Avec ces nouvelles données issues de Casablanca, le Royaume renforce son rôle central dans la compréhension des origines profondes de l’humanité, à une période antérieure même à l’apparition de notre espèce.

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