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Sardine : des mesures préventives mises en place pour stabiliser les prix à l’approche du Ramadan

Face aux tensions observées sur les prix de la sardine sur les marchés nationaux, les autorités ont mis en œuvre une série de mesures préventives visant à maintenir les prix à leur niveau habituel, en particulier à l’approche du mois de Ramadan. L’objectif affiché est de garantir l’approvisionnement du marché intérieur tout en préservant le pouvoir d’achat des ménages.

S’exprimant à El Marsa, dans la province de Laâyoune, le délégué des pêches maritimes de Laâyoune, Mohammed Nafia, a indiqué que ces mesures ont été adoptées par le Secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime. Parmi les décisions prises figure notamment l’interdiction d’exporter la sardine congelée, afin de prioriser la consommation nationale.

Les autorités ont également relancé l’initiative « Le poisson à un prix raisonnable », qui vise à diversifier l’offre de produits halieutiques sur le marché, qu’ils soient frais ou congelés, y compris la sardine. Cette initiative s’inscrit dans une logique de régulation de l’offre et de limitation des effets spéculatifs sur les prix.

Autre mesure clé : l’interdiction de l’utilisation de la sardine entière, propre à la consommation humaine, pour la fabrication de farine et d’huile de poisson. Cette décision vise à sécuriser l’approvisionnement du marché local et à limiter les détournements vers des usages industriels en période de tension sur l’offre.

Reprise progressive de l’activité après le repos biologique

Parallèlement, le département de tutelle prépare la reprise des activités de pêche dans plusieurs ports stratégiques, notamment Agadir, Sidi Ifni, Tan-Tan, Tarfaya et Laâyoune, dès la fin de la période de repos biologique, fixée du 1ᵉʳ janvier au 15 février. Cette reprise devrait contribuer à un rééquilibrage progressif de l’offre sur le marché national.

Selon Mohammed Nafia, la hausse récente des prix de la sardine s’explique principalement par deux facteurs conjoncturels : le repos biologique en vigueur et des conditions climatiques défavorables. Ces éléments ont fortement réduit l’offre disponible, limitée actuellement à la sardine congelée et à de rares apports frais en provenance des ports du Nord, lors de courtes fenêtres météorologiques favorables.

Le repos biologique, rappelle-t-il, correspond à une période d’interdiction de la pêche des petits pélagiques, notamment la sardine. Cette mesure constitue un levier essentiel de gestion durable des ressources halieutiques, visant à protéger les phases critiques de reproduction et à permettre la reconstitution des stocks à moyen et long termes.

Cette décision s’appuie sur les recommandations scientifiques de l’Institut national de recherche halieutique (INRH), fondées sur des données de surveillance biologique et d’évaluation de l’état des stocks, dans une approche de rationalisation de l’exploitation des ressources marines.

Un rôle central du port de Laâyoune

Le responsable a par ailleurs souligné l’importance stratégique du port de Laâyoune dans l’approvisionnement du marché national en sardine. Dotée d’une flotte active de navires sardiniers de pêche côtière, la circonscription maritime de Laâyoune constitue l’un des principaux pôles halieutiques du Royaume. Toute perturbation réglementaire ou climatique affectant ce port a ainsi un impact direct sur les volumes disponibles à l’échelle nationale.

Les conditions météorologiques défavorables ont également pesé sur l’activité portuaire ces dernières semaines, empêchant les sorties en mer pour des raisons de sécurité des équipages.

À ce jour, la circonscription maritime de Laâyoune compte 1.008 barques de pêche artisanale, 350 navires de pêche côtière et 52 unités de transformation des produits de la mer, confirmant son rôle central dans la chaîne halieutique nationale.

Avec MAP

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