
Le déficit budgétaire du Maroc s’est établi à 60,5 milliards de dirhams en 2025, soit 3,5% du PIB, un niveau conforme à la trajectoire fixée par la loi de finances 2025 et en amélioration de 0,3 point par rapport à 2024. Ces données sont issues du document sur la situation des charges et ressources du Trésor (SCRT), publié par le ministère de l’Économie et des Finances.
Cette réduction du déficit s’est accompagnée d’un nouvel allègement de l’endettement : le ratio de la dette a été ramené à 67,2% du PIB en 2025, selon le ministère, confirmant une tendance de repli.
Recettes en hausse, dépenses maîtrisées : le moteur de l’amélioration
Le ministère attribue cette évolution à une progression des recettes plus rapide que celle des dépenses. En 2025, les recettes ont augmenté de 52,9 milliards de dirhams, contre 51,9 milliards pour les dépenses.
Sur une base nette des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, les recettes ont atteint plus de 424,1 milliards de dirhams, en hausse de 14,2% sur un an. Le taux de réalisation s’est établi à 107,3% par rapport aux prévisions de la loi de finances.
Dans le détail, les recettes fiscales se sont élevées à plus de 342 milliards de dirhams, avec une hausse de 14,7% et un taux de réalisation de 106,9%. Les recettes non fiscales ont, quant à elles, atteint 77,6 milliards de dirhams, en progression de 13,6%.
Dépenses ordinaires : hausse portée par les biens et services et les intérêts de la dette
Les dépenses ordinaires ont totalisé 348,7 milliards de dirhams à fin décembre 2025, affichant un taux d’exécution de 98,5%. Elles progressent de 39,2 milliards par rapport à l’année précédente.
Cette hausse s’explique principalement par :
- l’augmentation des dépenses de biens et services (+15,7%)
- la progression des intérêts de la dette (+22,3%)
À l’inverse, les charges de compensation ont enregistré un recul de 30%, contribuant à contenir la dynamique globale des dépenses.
Un solde ordinaire excédentaire en amélioration
L’évolution conjointe des recettes et des dépenses ordinaires a permis de dégager un solde ordinaire excédentaire de près de 75,5 milliards de dirhams, contre 61,8 milliards un an plus tôt.
Investissement : un niveau supérieur aux prévisions
Les dépenses d’investissement se sont établies à 125,3 milliards de dirhams en 2025, en hausse de 7,8 milliards par rapport à 2024. Comparées aux prévisions de la loi de finances, elles affichent un taux de réalisation de 118,7%, signe d’un effort d’investissement maintenu.
Le SCRT, outil de lecture économique de l’exécution budgétaire
Le ministère rappelle que le SCRT présente les résultats de l’exécution budgétaire en comparaison avec l’année précédente. Contrairement aux documents à vocation essentiellement comptable, ce rapport adopte une lecture conforme aux normes internationales des statistiques de finances publiques, en décrivant les flux de recettes et de dépenses, le déficit, le besoin de financement et les mécanismes mobilisés pour le couvrir.
