
La France change de couleur sur le marché automobile. Longtemps dominé par le trio noir-gris-blanc, le choix des acheteurs bascule : le bleu s’impose comme la tendance forte de 2025, tandis que le blanc recule brutalement, notamment parce qu’il est de plus en plus facturé comme une option.
Selon une étude de Carvertical, le bleu représente désormais 16% des ventes de voitures neuves en France en 2025, contre 7% en 2024. Une progression spectaculaire, qui place cette teinte sur le podium des couleurs les plus choisies.
Le bleu dépasse le blanc, mais le noir et le gris restent intouchables
En 2025, le classement des couleurs préférées reste dominé par les valeurs classiques :
- Noir : 39%
- Gris : 38%
- Bleu : 16%
Le blanc, lui, tombe à 5%, alors qu’il pesait encore 13% un an plus tôt. Le renversement est net : le bleu ne progresse pas seulement, il remplace une couleur qui était historiquement centrale dans l’achat neuf.
Pourquoi le bleu marche ? Parce qu’il se revend bien
Pour Carvertical, cette percée n’a rien d’un hasard. Le bleu coche plusieurs cases : il reste facile à revendre, contrairement à des teintes plus “mode” comme le rouge, le jaune ou le vert, qui peuvent séduire mais compliquer la revente.
Autre élément : les marques, notamment françaises, ont davantage mis en avant le bleu sur certains modèles récents, renforçant sa visibilité et sa désirabilité.
Une spécificité française… plus marquée qu’en Europe
Cette tendance est plus forte en France qu’ailleurs. En moyenne européenne, le bleu progresse aussi en 2025 mais atteint 13% des ventes, contre 16% en France.
Surtout, le blanc reste nettement mieux installé au niveau européen : il représente encore près de 18% des ventes, derrière le gris (31%) et le noir (27%). Le rouge y pèse également plus lourd, avec 4,5%, alors qu’il reste marginal en France (moins de 2%).
Le leasing renforce le “conservatisme” des couleurs
Derrière ces chiffres, un phénomène structurel pèse de plus en plus : la montée du leasing (LOA pour les particuliers, LLD pour les entreprises). Dans ce modèle, la couleur n’est plus un simple choix esthétique : elle devient un critère économique.
Plus une couleur est standard et recherchée, plus la voiture conserve une valeur résiduelle élevée — et plus le loyer peut rester maîtrisé. À l’inverse, une teinte rare peut rendre le véhicule plus difficile à revendre, ce qui se répercute directement sur le coût du contrat.
Le blanc n’est plus “la couleur gratuite”
Le recul du blanc s’explique aussi par une évolution très concrète : il est de moins en moins proposé de série. Là où le blanc était autrefois le choix “par défaut”, certains constructeurs l’ont transformé en option payante.
Exemples cités :
- sur la R5 électrique, le noir est proposé de série et le blanc coûte 700 euros
- sur la Clio, le “blanc glacier” peut être facturé 250 euros, tandis qu’une autre teinte peut être gratuite selon les finitions
Les marques utilisent aussi cette stratégie pour orienter le choix vers des couleurs plus identitaires, parfois plus voyantes, afin de rendre un modèle plus visible dans la circulation.
Acheter une couleur, c’est parfois “acheter une option plaisir”
Avec la hausse générale des prix des voitures neuves, certains acheteurs arbitrent autrement : plutôt que de monter en gamme, ils restent sur un modèle plus accessible mais ajoutent des options “plaisir”, dont la peinture.
Dans ce contexte, la couleur devient un marqueur de personnalisation, sans forcément exploser le budget global.
En occasion, la peinture devient un indice à surveiller
Carvertical rappelle enfin un point utile pour les acheteurs de véhicules d’occasion : l’état de la peinture peut révéler un historique de réparation. Il existe des appareils permettant de mesurer son épaisseur : une peinture d’origine se situe généralement autour de 100 à 120 microns, tandis qu’un véhicule repeint peut afficher une épaisseur doublée, voire triplée.
Un détail technique qui peut servir d’alerte et pousser à demander factures et explications avant achat.
Source: bfmtv.com
