Sardines rares, prix en hausse : le repos biologique prolongé met les marchés sous tension

La sardine se fait de plus en plus rare sur les étals marocains, et les prix s’en ressentent immédiatement. Dans plusieurs marchés, le kilo dépasse désormais 30 dirhams, conséquence directe d’une offre en forte baisse liée au prolongement du repos biologique, mesure destinée à protéger les stocks halieutiques.
Selon Al Akhbar, la tension est particulièrement visible sur les marchés de gros, où les quantités disponibles se sont réduites au point de déclencher une concurrence accrue entre commerçants. Les volumes deviennent plus difficiles à obtenir, ce qui alimente une surenchère en amont et se répercute mécaniquement sur le consommateur.
Une interdiction de pêche prolongée jusqu’à mi-février dans une zone clé
Cette situation n’est pas le fruit d’un simple ralentissement de l’activité : depuis le 1er janvier 2026, la sardine est entrée dans une période de repos biologique, entraînant une interdiction de pêche dans plusieurs zones côtières.
Le secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime avait initialement instauré une trêve de 30 à 45 jours selon les régions pour les petits pélagiques. Mais face à l’état des stocks, les autorités ont durci le dispositif : une décision datée du 29 janvier prolonge le moratoire jusqu’à la mi-février dans l’une des principales zones de concentration de ces espèces.
Présentée comme une mesure préventive, cette prolongation vise à préserver la ressource et éviter un affaiblissement durable des stocks, déjà considérés à un niveau critique.
Juvéniles, reproduction fragile et stock sous pression
D’après les éléments rapportés, plusieurs raisons expliquent cette prolongation. Les zones de reproduction peinent à se régénérer, tandis qu’une présence importante de juvéniles — n’ayant pas atteint la taille légale de commercialisation — a été constatée. Autrement dit, le maintien de la pêche dans ces conditions aurait accentué la pression sur une ressource déjà fragilisée.
Les professionnels évoquent aussi une dégradation progressive de la situation dans les pêcheries, avec une biomasse instable et une disponibilité qui se détériore d’année en année.
Changement climatique : une crise conjoncturelle qui révèle un problème de fond
Au-delà de la mesure administrative, cette pénurie met en lumière un défi plus structurel. Le réchauffement des eaux et le changement climatique sont cités parmi les facteurs qui perturbent les habitats traditionnels des sardines et influencent leur répartition, rendant les cycles plus imprévisibles.
Dans ce contexte, des inquiétudes émergent sur la durée de cette rareté, surtout à l’approche du Ramadan, période où la demande sur les poissons populaires comme la sardine augmente généralement.
Avec Al Akhbar
