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Mode : un rapport dénonce le “social washing” de grandes marques internationales

L’industrie de la mode est de nouveau sous pression. Un rapport conjoint publié par l’Association des consommateurs, la Clean Clothes Campaign (SKC) et l’ONG SOMO met en lumière des pratiques qualifiées de “social washing” au sein de grandes marques internationales.

Le terme désigne une stratégie de communication par laquelle des entreprises mettent en avant des engagements éthiques et sociaux ambitieux, tout en étant soupçonnées de fermer les yeux sur des violations des droits humains dans leurs chaînes d’approvisionnement.

Un décalage entre discours et réalité

Les auteurs du rapport ont analysé les déclarations publiques de 80 marques de vêtements concernant leur responsabilité sociale : promesses de salaires équitables, conditions de travail sûres, respect des droits fondamentaux. Ces engagements ont été confrontés aux résultats d’enquêtes indépendantes menées sur le terrain.

Conclusion : dans plusieurs cas, l’image véhiculée par les marques ne correspondrait pas aux réalités observées chez certains fournisseurs. Des enquêtes évoquent des environnements de travail dangereux, des violations des droits des travailleurs, voire des situations assimilables à du travail forcé.

Le rapport souligne ainsi un écart significatif entre la communication institutionnelle et les pratiques effectives au sein de certaines chaînes de production.

Les audits commerciaux dans le viseur

L’un des points les plus critiqués concerne le recours aux audits sociaux externes, fréquemment invoqués par les marques pour attester de leur conformité éthique.

Selon les auteurs, ces audits présentent plusieurs limites majeures :

  • Ils sont financés par les marques elles-mêmes, ce qui poserait la question de leur indépendance réelle.
  • Les inspections sont souvent annoncées à l’avance, laissant aux fournisseurs le temps de masquer d’éventuelles irrégularités.
  • Les résultats détaillés ne sont généralement pas rendus publics, limitant la transparence et l’évaluation indépendante des correctifs mis en œuvre.

Le rapport estime que ces audits peuvent devenir un outil de communication plutôt qu’un véritable levier de transformation structurelle.

Des marques connues pointées du doigt

Parmi les 80 marques étudiées, huit ont été identifiées comme ayant recours à des pratiques jugées particulièrement trompeuses. Des enseignes mondialement connues telles que Nike, Puma et WE Fashion figurent parmi les noms cités.

Un cas précis est mentionné : Puma aurait reconnu l’existence de pratiques d’exploitation dans une tannerie indienne après une inspection inopinée. D’autres marques citées n’auraient pas répondu aux sollicitations liées aux conclusions du rapport.

Les conclusions ont été transmises à l’Autorité néerlandaise des consommateurs et des marchés (ACM), invitée à renforcer la régulation contre les pratiques de “social washing”. L’autorité a confirmé examiner le dossier.

Vers un encadrement plus strict ?

Au-delà des marques concernées, le rapport relance le débat sur la nécessité d’un encadrement plus contraignant en matière de devoir de vigilance et de transparence des chaînes d’approvisionnement.

À l’heure où les consommateurs accordent une importance croissante aux critères éthiques et environnementaux, la crédibilité des engagements RSE devient un enjeu stratégique majeur. Le “social washing” représente ainsi un risque réputationnel important pour les entreprises, mais aussi un défi pour les autorités chargées de garantir une information loyale.

Dans un secteur où l’image constitue un actif central, la frontière entre engagement réel et communication opportuniste apparaît plus que jamais scrutée.

Source: businessam.be

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