La hausse des prix des carburants se confirme et continue d’alimenter les inquiétudes. Après une augmentation récente d’environ 2 dirhams pour le gasoil et près de 1,5 dirham pour l’essence, de nouvelles hausses sont désormais envisagées, sur fond de tensions persistantes sur le marché الدولي du pétrole.
Cette situation pèse directement sur le pouvoir d’achat des ménages et suscite de vives préoccupations chez les professionnels du secteur, notamment les exploitants de stations-service.
Selon ces derniers, la tendance haussière pourrait se poursuivre dans les prochains jours, en raison de la flambée des cours du pétrole à l’international et de l’augmentation des coûts d’approvisionnement. Le marché marocain, fortement dépendant des importations, reste particulièrement exposé aux variations des prix mondiaux.
Les professionnels relèvent toutefois un déséquilibre récurrent : les hausses des cours internationaux sont rapidement répercutées à la pompe, alors que les baisses mettent plus de temps à se traduire dans les prix pratiqués au niveau national. Une situation qui alimente les interrogations sur le fonctionnement du marché et la transparence des mécanismes de fixation des prix.
Au-delà du secteur énergétique, cette hausse devrait avoir des répercussions en chaîne. Le transport routier figure parmi les premiers touchés, avec des effets attendus sur le coût de plusieurs produits et services.
Parallèlement, les exploitants de stations-service dénoncent une dégradation de leurs conditions économiques. Ils pointent la réduction de leurs marges, sous l’effet de la hausse des charges d’exploitation, notamment les coûts de maintenance, les factures d’eau et d’électricité, ainsi que les salaires.
À cela s’ajoute une concurrence jugée de plus en plus forte de la part des grandes entreprises de distribution, ce qui fragilise davantage les petits opérateurs, pris entre l’augmentation des coûts et la pression sur les prix.
Face à cette situation, des appels à l’intervention des pouvoirs publics se multiplient. Des responsables politiques et syndicaux plaident pour la mise en place de mesures destinées à contenir la hausse et à protéger le pouvoir d’achat.
Parmi les propositions avancées figurent le plafonnement provisoire des prix, l’activation des mécanismes de contrôle, le recours au stock stratégique ou encore la suppression des taxes à l’importation.
Dans ce sens, le député Rachid Hoummouni, président du groupe parlementaire du Parti du progrès et du socialisme, a interpellé le gouvernement à travers une question écrite adressée à la ministre de la Transition énergétique, appelant à anticiper les effets de cette hausse et à prendre des mesures concrètes.
Dans un contexte marqué par la volatilité des marchés internationaux, la question des carburants revient ainsi au centre du débat économique et social, avec en toile de fond les enjeux de transparence, de régulation et de pouvoir d’achat.
Avec Al Akhbar
