
Le marché marocain des carburants ne présente pas de dérives anticoncurrentielles avérées, selon la dernière analyse du Conseil de la concurrence. L’institution, qui a examiné l’évolution des prix du gasoil et de l’essence entre la mi-mars et le début avril 2026, pointe toutefois des mécanismes de fixation tarifaire encore peu adaptés à un marché libéralisé.
Sur le fond, aucune entente ni pratique restrictive n’a été identifiée entre les opérateurs. Mais dans les faits, une certaine homogénéité des comportements est observée. Les ajustements de prix interviennent souvent aux mêmes dates et selon des amplitudes proches, ce qui tend à uniformiser les évolutions à la pompe.
Ce fonctionnement, hérité de l’ancien système de régulation, reposait sur des révisions tarifaires bi-mensuelles. Un cadre désormais jugé en décalage avec les exigences d’un marché ouvert, où les ajustements devraient théoriquement refléter davantage les spécificités de chaque acteur.
L’instance appelle ainsi à une évolution des pratiques. Elle invite les distributeurs à intégrer des paramètres propres à leur activité — rythme d’approvisionnement, conditions d’achat, niveaux de stocks ou encore stratégies commerciales — afin de rendre les prix plus réactifs et différenciés.
L’analyse des données met également en évidence une transmission imparfaite des fluctuations internationales. Pour le gasoil, la répercussion reste partielle, avec un écart cumulé négatif sur la période étudiée, même si une amélioration est constatée sur la seconde quinzaine de mars, traduisant un ajustement plus rapide.
À l’inverse, les prix de l’essence ont évolué au-delà des variations observées sur les marchés internationaux, révélant un mécanisme de transmission asymétrique selon les produits.
Ces constats interviennent dans un contexte de tension persistante sur les cours mondiaux de l’énergie. Ils soulignent la nécessité d’affiner les règles de fonctionnement du marché afin de concilier transparence, concurrence et stabilité des prix pour le consommateur.
