Charbon : le prix du kilo bondit de 7 à 20 dirhams à l’approche de l’Aïd Al-Adha

À l’approche de Aïd al-Adha, le marché du charbon connaît une flambée marquée, avec des prix qui ont presque triplé en quelques semaines. Selon une revue de presse issue du quotidien Al Ahdath Al Maghribia, le kilo est passé de 7 à 20 dirhams, soit une hausse supérieure à 185 %, suscitant de vives inquiétudes du côté des associations de défense des consommateurs.
Observatoire marocain de protection des consommateurs pointe des pratiques spéculatives qu’il juge excessives, évoquant un marché largement perturbé par des circuits informels et des prix fixés en dehors de tout cadre régulé. Dans un contexte de forte consommation liée aux préparatifs de la fête, ce produit courant devient, selon l’organisation, un facteur supplémentaire de pression sur le budget des ménages.
L’association met en cause des dysfonctionnements dans la distribution, estimant que la hausse observée ne repose ni sur une pénurie avérée ni sur une amélioration de la qualité. Des disparités importantes sont relevées entre régions, avec des écarts pouvant atteindre plusieurs dirhams pour un même produit, signe d’un marché déséquilibré où la spéculation prend le pas sur les mécanismes classiques d’offre et de demande.
La demande saisonnière, en nette progression à l’approche de la fête, contribue certes à tendre le marché, mais elle ne saurait, selon l’OMPC, expliquer à elle seule une telle envolée. Des perturbations logistiques, liées notamment aux conditions climatiques et à l’état de certaines infrastructures, sont également évoquées, sans toutefois constituer un facteur déterminant.
Dans son analyse, l’organisation met en avant plusieurs pratiques jugées abusives : limitation artificielle des volumes sur les marchés de gros, multiplication des intermédiaires, et marges particulièrement élevées entre prix d’achat et prix de vente, pouvant atteindre jusqu’à 70 %. À cela s’ajoute un défaut d’affichage des prix dans certains points de vente, réduisant la capacité des consommateurs à comparer et à se protéger.
Face à cette situation, l’OMPC appelle à une intervention rapide des pouvoirs publics. Elle plaide pour un renforcement des contrôles, l’application stricte de la loi Loi 104-12 encadrant les pratiques commerciales, ainsi que le démantèlement des circuits de stockage illégal et des réseaux spéculatifs.
L’organisation insiste également sur la nécessité d’une meilleure transparence concernant les niveaux de stock et les flux de distribution, estimant qu’une action coordonnée entre les autorités, notamment le ministère de l’Intérieur et celui de l’Agriculture, est indispensable pour rétablir l’équilibre du marché.
En filigrane, c’est le risque d’une installation durable de hausses saisonnières qui est pointé, avec des conséquences directes sur le pouvoir d’achat et la confiance des consommateurs. Pour l’OMPC, seule une réponse ferme et structurée permettrait d’enrayer ces dérives et de contenir une dynamique inflationniste qui tend à se répéter à chaque période de forte demande.
Avec Al Ahdath Al Maghribia

