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Aïd al-Adha: la demande se fait timide, signe d’un pouvoir fragilisé

À quelques semaines de l’Aïd al-Adha, le marché des moutons au Maroc évolue dans une configuration paradoxale: l’offre est abondante, mais la demande reste particulièrement timide, tandis que les prix poursuivent leur hausse.

Selon plusieurs professionnels du secteur, les marchés et points de vente enregistrent une fréquentation limitée. Les visiteurs viennent observer les prix et les animaux, mais les achats restent encore rares à ce stade de la saison.

«Le marché est là, avec toutes les catégories, mais il n’y a pas d’acheteurs», explique Mohamed El Jabli, président de la Fédération marocaine des acteurs du secteur de l’élevage, cité par le quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Cette situation intrigue d’autant plus les opérateurs que les prix ont augmenté ces derniers jours malgré une disponibilité importante des troupeaux sur le marché national.

Actuellement, les moutons de race Sardi se négocient entre 75 et 80 dirhams le kilogramme, tandis que les Bergui oscillent entre 65 et 70 dirhams. Pour un animal de taille moyenne, les prix atteignent environ 4.000 dirhams pour un Sardi et entre 3.000 et 3.500 dirhams pour un Bergui.

Les professionnels attribuent cette hausse principalement à l’augmentation des coûts de production accumulés ces dernières années. L’alimentation du bétail reste fortement impactée par les effets successifs de la sécheresse, auxquels s’ajoute le renchérissement des carburants et des coûts de transport.

Malgré les importantes précipitations enregistrées cette saison agricole, les acteurs du secteur estiment que leurs effets positifs sur les coûts d’élevage ne se feront sentir que progressivement.

Cette tension intervient dans un contexte marqué par une fragilisation persistante du pouvoir d’achat des ménages. Pour de nombreuses familles, le coût du sacrifice représente désormais un effort financier difficile à absorber, poussant certains consommateurs à retarder leur décision d’achat dans l’espoir d’une baisse des prix à l’approche de l’Aïd.

Le marché semble ainsi évoluer dans une forme d’attentisme généralisé, où vendeurs et acheteurs observent mutuellement leurs réactions, chacun espérant un ajustement des prix ou un regain de la demande dans les prochaines semaines.

Avec Al Ahdath Al Maghribia

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