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Santé publique : le Maroc réduit progressivement le service civil des médecins spécialistes de 8 à 3 ans

Le gouvernement a présenté les grandes lignes du nouveau décret encadrant le statut des étudiants en médecine, pharmacie et médecine dentaire, avec plusieurs mesures destinées à rendre le secteur public plus attractif et à accélérer la formation des professionnels de santé.

Présentée lors d’une conférence de presse conjointe par Amine Tahraoui et Azzedine Midaoui, cette réforme s’inscrit dans le cadre du chantier de généralisation de la protection sociale et de la refonte du système national de santé.

Publié au Bulletin Officiel du 4 mai 2026, le décret n°2.26.342 actualise un cadre réglementaire datant de 1993 et introduit plusieurs changements touchant aussi bien les conditions de formation que les parcours professionnels des futurs médecins, pharmaciens et médecins-dentistes.

Parmi les principales mesures annoncées figure la réduction progressive de la durée d’engagement obligatoire des médecins spécialistes dans le secteur public. Le régime actuel de huit années sera progressivement ramené à trois ans à partir de 2032.

Le calendrier transitoire prévoit une durée d’engagement de six ans pour les promotions 2024, 2025 et 2026, puis une réduction progressive à cinq ans pour les promotions 2027 et 2028, quatre ans entre 2029 et 2031, avant l’entrée en vigueur du régime définitif de trois années.

Le gouvernement explique cette réforme par la volonté de passer d’une logique de contrainte à une logique de fidélisation volontaire des professionnels de santé.

Autre évolution importante : l’accès au concours d’internat sera désormais possible dès la fin de la quatrième année d’études, contre la cinquième année auparavant. L’objectif affiché est d’accélérer le parcours de spécialisation afin de répondre plus rapidement aux besoins en médecins spécialistes.

Le décret introduit également un nouveau cadre statutaire pour les différentes catégories d’étudiants en formation — stagiaires observateurs, externes, internes et résidents — avec une intégration progressive au sein des futurs Groupements Sanitaires Territoriaux (GST).

Cette organisation vise à renforcer la territorialisation de la formation médicale et à rapprocher davantage les parcours de spécialisation des besoins régionaux en soins.

La réforme prévoit par ailleurs une revalorisation du statut des résidents. Dès leur première année de résidanat, les futurs spécialistes seront désormais nommés au premier grade du cadre des médecins, pharmaciens ou médecins-dentistes avec attribution de l’indice 509, leur garantissant une meilleure stabilité administrative et sociale.

Le gouvernement affirme également préserver les acquis et droits des promotions actuellement en formation.

Selon les projections présentées par le ministère de la Santé, cette réforme, combinée à l’augmentation de 133% des capacités de formation entre 2020 et 2025, devrait permettre l’intégration de 6.641 médecins spécialistes supplémentaires dans le secteur public à l’horizon 2032.

À partir de 2030, le système devrait produire environ 2.000 lauréats par an, contre près de 1.300 auparavant.

À travers cette réforme, les autorités cherchent à améliorer l’attractivité des carrières médicales publiques tout en renforçant l’offre de soins et la répartition territoriale des professionnels de santé au Maroc.

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