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Nestlé accusé de vendre au Maroc du Cerelac avec forte dose de sucre ajouté

La Fédération nationale des associations de consommateurs (FNAC) accuse Nestlé d’appliquer un double standard dans la composition de ses céréales infantiles Cerelac commercialisées au Maroc, après la publication d’une enquête menée par l’ONG suisse Public Eye.

Selon cette enquête, plusieurs produits Cerelac destinés aux bébés vendus dans des pays africains, dont le Maroc, contiennent des quantités importantes de sucre ajouté, alors que les mêmes références commercialisées en Suisse ou dans plusieurs pays européens en sont dépourvues.

L’étude réalisée par Public Eye, avec des analyses effectuées par le laboratoire Inovalys, a porté sur une centaine de produits Cerelac vendus dans 20 pays africains.

Les résultats montrent que plus de 90% des produits analysés contiennent du sucre ajouté, avec une moyenne d’environ six grammes de sucre par portion destinée à des bébés à partir de six mois.

Au Maroc, les quatre références Cerelac analysées contiennent également du sucre ajouté, avec une moyenne de 5,8 grammes par portion.

La variante aux fruits affiche le niveau le plus élevé avec environ sept grammes de sucre ajouté par portion, soit près de deux morceaux de sucre selon les données citées par la FNAC.

L’association de consommateurs souligne qu’au contraire, les produits équivalents commercialisés en Suisse, en Allemagne ou au Royaume-Uni sont proposés sans sucre ajouté.

Le produit Cerelac au blé vendu au Maroc contiendrait ainsi près de six grammes de sucre ajouté par portion, alors que sa version européenne en serait dépourvue.

La FNAC reproche également à Nestlé un manque de transparence concernant l’information nutritionnelle fournie aux consommateurs marocains.

Selon l’association, la quantité exacte de sucre ajouté ne serait pas clairement mentionnée dans les informations affichées sur les emballages, alors même que les produits sont présentés comme adaptés au développement nutritionnel des enfants.

L’organisation appelle le groupe suisse à supprimer le sucre ajouté de l’ensemble de ses aliments infantiles commercialisés au Maroc et à mettre fin à ce qu’elle considère comme une pratique discriminatoire entre les marchés européens et africains.

La FNAC rappelle également que l’Organisation mondiale de la santé recommande d’éviter l’ajout de sucre dans les aliments destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants, estimant qu’une exposition précoce au sucre peut favoriser durablement une préférence pour les produits sucrés et accroître les risques d’obésité et de maladies métaboliques.

Cette polémique relance le débat sur les standards nutritionnels appliqués par les grandes multinationales agroalimentaires selon les marchés et sur les enjeux de protection des consommateurs dans les pays émergents.

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