Mobile money: 13,8 millions de wallets, mais le cash freine encore les usages au Maroc

Le Maroc a réussi son pari de l’équipement en mobile money, mais peine encore à transformer les wallets en véritables outils de paiement du quotidien. C’est le principal constat d’une analyse publiée par Aurora Strategy Consulting, qui souligne la domination persistante du cash dans l’économie nationale.
À fin 2024, le Royaume comptait 13,8 millions de wallets ouverts, dont 3,8 millions actifs, soit un taux d’activité de 18%. Le taux d’équipement de la population adulte atteint désormais près de 35%, plus de la moitié du taux de bancarisation national, estimé autour de 60%.
Cette progression s’explique notamment par les politiques d’inclusion financière et par le recours aux établissements de paiement pour la distribution de l’Aide sociale directe. Toutefois, dans la majorité des cas, les bénéficiaires retirent immédiatement les montants reçus, sans utiliser leur wallet comme moyen de paiement ou d’épargne.
Selon l’étude, les transactions réalisées via mobile money restent modestes. Hors opérations de retrait et de versement liées aux aides sociales, elles représentent 19,7 millions d’opérations pour une valeur de 3,9 milliards de dirhams, soit à peine 0,2% du PIB national.
Les paiements de factures et les recharges téléphoniques concentrent 64% des transactions, devant les transferts entre particuliers (24%). Les paiements marchands demeurent marginaux, avec seulement 6% des opérations réalisées.
Aurora Strategy Consulting estime que le principal frein au développement du mobile money reste la place prépondérante du cash. Le Maroc figure parmi les économies les plus intensives en espèces par rapport à son niveau de revenu, avec un volume de circulation fiduciaire supérieur à celui observé dans plusieurs pays africains où les paiements mobiles se sont davantage imposés.
Le cabinet considère toutefois que le principal levier de croissance pourrait résider dans la digitalisation du commerce de proximité. Les épiceries et commerces de quartier, qui représentent près de 78% de la distribution alimentaire, constituent un terrain propice au développement de nouveaux usages combinant paiement, gestion de trésorerie et financement de court terme.
Selon cette analyse, l’avenir du mobile money au Maroc dépendra moins des transferts entre particuliers que de sa capacité à s’intégrer au fonctionnement quotidien de l’économie réelle et aux besoins des petits commerçants.
Avec leseco.ma
