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Mobile money: 14 millions de wallets, mais le cash continue de dominer les paiements au Maroc

Le Maroc a réussi son pari de l’inclusion financière numérique avec près de 14 millions de portefeuilles électroniques ouverts à fin 2024. Pourtant, le mobile money peine encore à s’imposer dans les usages quotidiens, face à une économie où le cash reste largement dominant.

Selon une analyse du cabinet Aurora Strategy Consulting, le Royaume affiche un taux d’équipement de près de 35% de la population adulte, mais seulement 18% des wallets sont réellement actifs. Un paradoxe qui révèle l’écart persistant entre l’adoption des outils numériques et leur utilisation effective.

L’essor du mobile money a été largement soutenu par les politiques publiques, notamment à travers la distribution de l’Aide sociale directe via les établissements de paiement. Toutefois, dans la majorité des cas, les bénéficiaires retirent immédiatement les sommes reçues sans utiliser leur portefeuille électronique pour régler des achats ou constituer une épargne.

En dehors des opérations liées aux aides sociales, les transactions réalisées via les wallets ont représenté 19,7 millions d’opérations en 2024, pour un montant global de 3,9 milliards de dirhams, soit seulement 0,2% du PIB national. Les paiements de factures et les recharges téléphoniques concentrent l’essentiel des usages, tandis que les paiements marchands ne représentent que 6% des transactions.

Le poids du cash demeure le principal frein à l’essor du mobile money. Malgré un secteur bancaire développé et un parc de 22,6 millions de cartes bancaires, le Maroc figure parmi les économies où la circulation fiduciaire reste la plus importante par rapport au niveau de revenu et à la consommation des ménages.

Le marché marocain présente également une configuration particulière. Contrairement à d’autres pays africains où les opérateurs télécoms dominent le paiement mobile, ce sont les établissements spécialisés dans le transfert d’argent qui concentrent la majorité des wallets, avec 58% du marché. Un modèle qui ralentit parfois la transition numérique, les revenus liés aux opérations en espèces restant plus rentables que les transactions digitales.

Pour les experts, la véritable opportunité réside désormais dans la digitalisation du commerce de proximité, qui représente près de 78% de la distribution alimentaire au Maroc. L’enjeu consiste à intégrer le mobile money dans les circuits financiers des épiceries et des petits commerces, en facilitant les paiements, mais aussi le financement des besoins quotidiens de trésorerie.

Selon cette analyse, l’avenir du mobile money au Maroc dépendra moins des transferts entre particuliers que de sa capacité à s’ancrer dans l’économie réelle et à accompagner la transformation numérique du commerce de quartier.

Avec Les Inspirations Eco.

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