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Boycott: et si l’Etat vendait du lait?! (Billet)

Le traitement de la thématique du boycott a focalisé sur la volonté de comprendre ce qui se passe. Cela quand il ne cherche pas à légitimer ou à délégitimer tel ou tel parti pris. Mais on n’a que trop peu entendu des solutions.

Consonews de par son statut d’observateur assidu de l’actualité économique et consumériste et de par sa mission première de service public a l’ambition d’initier un débat à ce niveau en jouant le rôle qui est le sien d’agitateur d’idées.

En effet, pour la problématique du lait Centrale Danone plus spécifiquement, ce qui est à retenir est qu’il y a un certain nombre de dilemmes difficiles à résoudre:

-La société a davantage intérêt économiquement parlant à ne pas prendre en charge l’amont agricole tel qu’elle le fait aujourd’hui.

-L’Etat ne peut pas lâcher cet amont car il concerne quelques 200.000 emplois, voire plus de personnes si l’on raisonne en termes de ménages.

-Le consommateur exige que le paquet du lait soit vendu à un prix bien précis.

-Certains boycotteurs n’en sont plus à la question du prix et souhaiteraient tout bonnement voir la société fermer!

-L’Etat ne peut pas fixer un prix car cela serait contradictoire à ses orientations ultra-libéraux et aux engagements pris auprès des instances financières internationales.

-Dans le même ordre d’idées, il ne peut pas non plus nationaliser l’entreprise. Mais, de l’autre côté, cette dernière a vu ses parts de marché s’effondrer en moins de 2 mois et aurait en toute bonne logique tout intérêt à arrêter l’hémorragie.

Quelles solutions donc en prenant en considération tous ces éléments?

L’Etat pourrait en effet s’engager à acheter tout le lait produit par CL via l’amont des éleveurs puisqu’il tient absolument à le protéger. Cela donnerait de l’assurance à la société française et la protégerait face aux conséquences de boycotts imprévisibles et parfois incompréhensibles.

Pour répondre aux attentes des consommateurs en termes de prix, l’Etat devra ensuite proposer le lait acheté au tarif réclamé par la masse des boycotteurs.

Restera le problème de la marque. Puisqu’il s’agit d’un lait bon marché et populaire, l’Etat devra le revendre sous une étiquette qui reflète ce positionnement.

Pour ce qui est de la concurrence, l’Etat peut élargir cette formule aux autres producteurs. cela leur fera des ventes garanties.

Une telle formule n’est pas sans rappeler les années 70 dominées par les systèmes économiques communistes planifiés. Il faut dire que, derrière le boycott, il y a beaucoup de nostalgie à une certaine époque où l’Etat était paternaliste et protecteur.

Pourquoi pas?!

 

 

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