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Échanges commerciaux 2022: Dynamique mitigée aux déterminants exogènes

Les échanges internationaux entre le Maroc et ses principaux partenaires commerciaux affichent, en 2022, une dynamique mitigée. Bien que les exportations soient en hausse, la balance commerciale reste déficitaire et se creuse davantage, une situation aux déterminants exogènes qui, vue d’un autre angle, témoigne de la vivacité économique du Royaume.

Ralenti par le poids d’un contexte géopolitique international peu favorable, agité par le conflit russo-ukrainien, et la crise conjoncturelle post-covid, qui sont à l’origine d’un taux d’inflation record à travers le monde, le climat des exportations au Maroc a su défendre sa compétitivité et prouver, encore une fois, la forte résilience de la demande adressée au marché national.

Au titre des dix premiers mois de l’année 2022, les importations auraient atteint près de 615 milliards de dirhams (MMDH) contre 426 MMDH une année auparavant, alors que les exportations, elles, se seraient accrues de 36,4% pour se situer à 354 MMDH, soit un déficit commercial de près de 261 MMDH sur cette même période, selon l’Office des Changes.

La hausse des importations de biens fait suite à l’augmentation des achats de la totalité des groupes de produits que le Maroc négocie usuellement sur les marchés internationaux, sauf que le déséquilibre aurait été amplifié par le renchérissement de la facture énergétique qui a plus que doublé (128 MMDH), portée essentiellement par la flambée des prix des carburants (+35 MMDH).

L’achat de l’ammoniac, utilisés dans la production d’engrais et de fertilisants, a connu, quant à lui, une hausse à 17,5 MMDH, contre 5,29 MMDH une année auparavant, au même titre que l’importation des produits alimentaires (+54,4%), imputable à l’envolée des prix des céréales.

Si l’ensemble de ces facteurs extérieurs concourent à l’approfondissement du déficit commercial, les exportations, certes stimulées par un effet-prix positif, ont affiché une performance notable sur l’ensemble des secteurs, à la faveur de la consolidation des bases de la relance économique qui fait face aux pressions inflationnistes et au resserrement général des conditions financières et monétaires.

Après avoir cédé sa place de premier exportateur national à l’automobile en 2021, le secteur des phosphates et dérivés revient en tête du peloton avec 63% de croissance des ventes évaluées à plus de 100 MMDH sur les dix premiers mois de 2022, contre 61 MMDH une année auparavant, et ce, malgré une baisse de 10% des quantités exportées.

En dépit de la pénurie mondiale des semi-conducteurs provoquant le déclin de l’offre en véhicule dans le monde, le secteur automobile national s’est réorganisé de sorte à maintenir son niveau de production, tant pour garantir l’approvisionnement du marché domestique que la demande extérieure.

Menées par les ventes des segments de la construction et du câblage, les exportations du secteur ont réalisé une prouesse exceptionnelle pour atteindre, jusqu’à octobre 2022, leur plus haut niveau au cours des cinq dernières années, soit 89 MMDH, ce qui représente un accroissement de près de 24 MMDH (+36,7%) par rapport à la même période en 2021.

De leur côté, les exportations du textile et cuir ont progressé de 24,4% (+7 MMDH). Cette évolution est attribuable, principalement, à la hausse des ventes des vêtements confectionnés (+26,2% ou +5 MMDH), des articles de bonneterie (+16,6% ou +1 MMDH) et des chaussures (+31,5% ou +688 millions de dirhams – MDH).

La performance réalisée par le Maroc en termes d’échanges extérieurs serait en grande partie redevable à l’industrialisation des secteurs producteurs et exportateurs de l’économie nationale et leur ouverture sur les métiers mondiaux conformément aux orientations du Royaume résolument engagé sur la voie de la souveraineté industrielle.

Parallèlement, plusieurs mesures gouvernementales s’attachent, depuis le déclenchement de la pandémie, à la substitution des importations, via les plans d’accélération et de relance industrielle (PAI & PRI) qui ambitionnent l’émergence d’une industrie nationale performante et compétitive, et l’intégration internationale des filière productives.

En plus de l’élargissement des exportations aux produits de terroir à travers l’inclusion des petits producteurs, ces politiques visent la diversification des marchés et des partenaires commerciaux, la digitalisation des processus de production et la traçabilité des produits, ainsi que la sensibilisation des entreprises sur les enjeux environnementaux.

Alors que le “Made In Morocco” se développe à grande échelle, sur de nouveaux marchés internationaux, en se démarquant par des produits à haute valeur ajoutée jusque-là inaccessibles aux industries émergentes, le contexte actuel offre au Maroc l’opportunité d’une redistribution des cartes de la manufacture.

L’engagement fondamental du Royaume auprès de la communauté internationale pour la décarbonation des économies, suppose une raison supplémentaire de consolider le positionnement du Maroc dans les échanges mondiaux via le développement et l’exportation de produits verts et de solutions durables.

Source: MAP

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