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La famille Pinault cède sa participation dans Puma à Anta Sports pour 1,5 milliard d’euros

La famille Pinault tourne une page entamée il y a près de vingt ans dans le secteur de l’équipement sportif. Par l’intermédiaire de sa holding Artemis, elle a conclu un accord portant sur la cession de sa participation de 29,06 % dans le capital de l’équipementier allemand Puma au groupe chinois Anta Sports, propriétaire notamment des marques Fila et Salomon. Le montant de la transaction s’élève à 1,5 milliard d’euros, intégralement réglés en numéraire.

L’opération, annoncée ce mardi 27 janvier, valorise l’action Puma à 35 euros, soit une prime de plus de 60 % par rapport au cours de clôture de la veille. Elle doit être finalisée d’ici à la fin de l’année 2026, sous réserve des autorisations réglementaires habituelles.

Une histoire ouverte en 2007

Cette cession marque la fin d’un long cycle pour la famille Pinault, qui avait fait son entrée au capital de Puma en 2007, lorsque le groupe Printemps-Pinault-Redoute, devenu par la suite Kering, avait racheté l’équipementier allemand. En 2018, lors de la scission entre Kering et Puma, les actionnaires de Kering – dont la famille Pinault – avaient reçu des actions Puma sous forme de dividende, donnant naissance à la participation détenue par Artemis.

Selon plusieurs analystes, cette opération s’inscrit dans une logique de recentrage stratégique de la famille Pinault sur Kering, à un moment où le groupe de luxe fait face à des défis opérationnels importants. Elle répond également à un objectif de réduction de l’endettement au niveau de la holding Artemis.

Une réaction boursière mesurée

Malgré la prime offerte, la réaction du marché est restée relativement contenue. À la Bourse de Francfort, l’action Puma a progressé d’environ 9 % dans la matinée, après un pic à l’ouverture. Cette modération s’explique notamment par le fait qu’Anta Sports n’a pas l’intention, à ce stade, de lancer une offre publique d’achat sur la totalité du capital.

La réglementation allemande impose en effet le dépôt d’une OPA dès lors qu’un actionnaire franchit le seuil de 30 % des droits de vote, un niveau qu’Anta Sports ne souhaite pas dépasser pour le moment. Les investisseurs avaient par ailleurs déjà anticipé une transaction, certaines informations de presse évoquant, début janvier, des discussions avancées entre les deux parties.

Anta Sports, un actionnaire stratégique

Fondé en 1991 et coté à Hong Kong, Anta Sports est aujourd’hui l’un des principaux groupes mondiaux d’articles de sport. En 2025, il a enregistré un chiffre d’affaires de plus de 70 milliards de yuans (environ 8,6 milliards d’euros), en hausse de 13,6 % sur un an. Le groupe s’est distingué par sa capacité à développer et repositionner des marques internationales sur différents marchés.

Pour plusieurs banques, l’arrivée d’Anta au capital de Puma pourrait constituer un tournant stratégique. Un actionnaire plus impliqué est susceptible de soutenir les investissements, d’apporter de nouvelles perspectives industrielles et d’accompagner la phase de redressement engagée par le nouveau directeur général de Puma, Arthur Hoeld.

Un contexte concurrentiel exigeant

Ces dernières années, Puma a évolué dans un environnement difficile, marqué par la pression concurrentielle, la hausse des coûts et les effets des droits de douane américains. La marque a également souffert de la comparaison avec Adidas, dont la dynamique commerciale s’est révélée plus favorable. Au troisième trimestre 2025, les ventes de Puma ont reculé de 10 % à taux de change constants, tandis que celles d’Adidas progressaient de 12 %.

La direction de Puma a qualifié l’exercice 2025 d’« année de réinitialisation », reconnaissant des faiblesses en matière d’élan de marque, de gestion des stocks et de positionnement des canaux de distribution. Les premiers effets des mesures engagées devraient toutefois se faire attendre, la direction n’anticipant pas de véritable reprise avant 2027.

Dans ce contexte, l’entrée d’Anta Sports au capital est perçue par de nombreux observateurs comme une opportunité de stabilisation et de relance, susceptible de renforcer la stratégie du groupe allemand, notamment sur le marché asiatique, où la Chine représente encore une part limitée de ses ventes.

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