Marchés : flambée des prix des légumes de base, la pression monte sur le pouvoir d’achat

Les étals des marchés marocains reflètent une tension croissante sur les produits alimentaires essentiels. Pommes de terre et oignons, piliers de la consommation quotidienne, enregistrent des hausses marquées, atteignant des niveaux rarement observés.
Dans plusieurs villes, le kilogramme de pomme de terre se négocie désormais entre 9 et 10 dirhams, soit plus du double des prix constatés à la même période l’an dernier. Une évolution qui suscite l’inquiétude des ménages, pour qui ce produit reste un incontournable de l’alimentation.
Cette envolée s’explique par une combinaison de facteurs. Les conditions climatiques, marquées par des précipitations irrégulières et des retards de récolte, ont pesé sur l’offre. À cela s’ajoutent des dysfonctionnements dans les circuits de distribution, où l’intervention de multiples intermédiaires contribue à renchérir les prix entre le producteur et le consommateur.
Le même constat s’impose pour l’oignon, dont les tarifs ont connu une progression rapide ces derniers jours. Dans certains marchés de Casablanca, les prix atteignent jusqu’à 15 dirhams le kilogramme, contre des niveaux nettement inférieurs auparavant. Les variétés locales de moindre qualité restent disponibles à des prix plus bas, tandis que les produits importés occupent une place croissante pour pallier les tensions d’approvisionnement.
Selon des professionnels du secteur, cette situation résulte d’un déséquilibre entre l’offre et la demande, accentué par la fin de la saison de production et les aléas climatiques récents. La baisse des rendements et la détérioration d’une partie des récoltes ont contribué à tendre davantage le marché.
Sur le terrain, les écarts de prix entre quartiers et l’insuffisance du contrôle dans certains circuits alimentent le sentiment d’injustice chez les consommateurs. Pour de nombreux ménages, l’achat de produits de base devient un exercice contraint, nécessitant arbitrages et restrictions.
Au-delà des facteurs conjoncturels, la hausse des coûts de transport, liée notamment à l’augmentation des prix des carburants, ainsi que les effets des sécheresses successives, pèsent durablement sur la production agricole. La structure même des circuits de distribution est également pointée du doigt.
Face à cette situation, les appels à une intervention des autorités se multiplient. Les consommateurs réclament un encadrement plus strict des marchés, une lutte contre les pratiques spéculatives et des mesures capables de stabiliser les prix.
En filigrane, c’est la question de l’organisation du secteur qui se pose, entre nécessité de soutenir les producteurs, rationalisation des circuits de distribution et préservation du pouvoir d’achat.
Avec Al Ahdath Al Maghribia
