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Prix des carburants : gasoil sous-répercuté, essence au-delà des cours mondiaux; selon le Concurrence de la Concurrence

La dernière analyse du Conseil de la concurrence met en lumière un décalage persistant entre l’évolution des prix internationaux et leur traduction à la pompe au Maroc. Sur la période du 16 mars au 1er avril 2026, la transmission des hausses apparaît inégale selon les produits, avec des effets opposés entre gasoil et essence.

Sur le segment du gasoil, les augmentations observées à l’importation ne sont que partiellement répercutées sur les prix finaux. Les cotations internationales ont progressé de plus de 2 dirhams par litre, tandis que les prix à la pompe ont suivi une hausse plus modérée. Ce différentiel, déjà constaté lors de la quinzaine précédente, traduit une transmission incomplète, oscillant entre 70 % et 80 %.

À l’inverse, l’essence évolue dans une logique opposée. Les prix pratiqués localement ont progressé plus rapidement que les cours de référence. Une hausse d’environ 1,37 dirham à l’international s’est traduite par une augmentation supérieure à la pompe, confirmant une répercussion qualifiée de “plus que complète” par l’institution.

Ce déséquilibre suggère un mécanisme d’ajustement entre produits. Les opérateurs pourraient compenser la modération observée sur le gasoil par des hausses plus marquées sur l’essence. Une lecture à relativiser toutefois, ce carburant pesant moins dans le chiffre d’affaires global du secteur, largement dominé par le diesel.

Sur l’ensemble de la période analysée, l’écart cumulé reste négatif pour le gasoil, signe d’une transmission encore imparfaite malgré une légère amélioration en fin de séquence. À l’inverse, l’essence affiche un différentiel positif, confirmant une dynamique de sur-répercussion.

Sur le terrain concurrentiel, aucune entente ni pratique anticoncurrentielle n’a été identifiée. Le Conseil relève néanmoins une forme d’alignement entre opérateurs, tant dans le calendrier des révisions tarifaires que dans l’ampleur des ajustements. Un fonctionnement qui tend à uniformiser les prix et à limiter la réactivité du marché face aux variations des coûts.

Ce comportement trouve en partie son origine dans les habitudes héritées de l’ancien système réglementé, marqué par des ajustements périodiques fixes. Dans un marché désormais libéralisé, l’institution plaide pour une évolution des pratiques, afin de mieux intégrer les réalités propres à chaque acteur, qu’il s’agisse des conditions d’approvisionnement, des niveaux de stocks ou des choix commerciaux.

Avec Finances News

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