Tourisme: troisième destination au T1, Casablanca confirme son statut de destination phare (malgré elle!) du pays

Alors que Tanger célèbre sa consolidation à la quatrième place des destinations touristiques nationales avec plus de 417.000 nuitées au premier trimestre 2026, un autre chiffre mérite l’attention : Casablanca conserve solidement sa troisième place avec 8% des nuitées enregistrées au Maroc, devant l’ensemble des autres destinations du Royaume.
Cette performance est d’autant plus remarquable qu’elle est réalisée par une ville qui n’a jamais été pensée comme une destination touristique au sens classique du terme. Contrairement à Marrakech, qui capte à elle seule 34% des nuitées nationales, ou à Agadir avec 20%, Casablanca ne bénéficie ni d’une image balnéaire forte, ni d’un patrimoine touristique particulièrement valorisé, ni même d’une stratégie de marketing territorial comparable à celle déployée par les grandes destinations de loisirs.
La capitale économique continue pourtant d’attirer un volume important de visiteurs, confirmant la force de son attractivité économique, financière et événementielle. La ville demeure la principale porte d’entrée des investisseurs, des hommes d’affaires, des cadres en déplacement professionnel et d’une partie significative du tourisme domestique.
Cette position apparaît encore plus significative lorsqu’on la compare à celle de Rabat. La capitale administrative a pourtant bénéficié ces dernières années d’investissements importants dans son offre hôtelière, sa rénovation urbaine, ses infrastructures culturelles et son positionnement international. Malgré ces efforts, elle ne figure toujours pas dans le trio de tête des destinations marocaines en termes de nuitées touristiques au premier trimestre 2026.
Le cas de Casablanca illustre ainsi une réalité souvent sous-estimée : la ville génère un important trafic touristique sans véritable politique touristique dédiée. Son classement repose avant tout sur son poids économique, son rôle de hub aérien, la concentration des sièges sociaux, des salons professionnels, des congrès et des grands événements d’affaires, pourtant de plus en plus déplacés à Marrakech ou Rabat.
Cette situation soulève une question stratégique. Si Casablanca parvient déjà à occuper la troisième place nationale avec une valorisation touristique relativement limitée de ses atouts, quel pourrait être son potentiel réel si elle développait une véritable vision touristique intégrée ?
La métropole dispose pourtant de nombreux leviers encore insuffisamment exploités : le front de mer, la Mosquée Hassan II, le patrimoine Art déco parmi les plus importants au monde, la Corniche, le quartier des Habous, la Médina, la gastronomie urbaine ou encore sa vie culturelle et nocturne. Autant d’éléments qui pourraient transformer une ville aujourd’hui principalement visitée par nécessité économique en destination urbaine à part entière.
Par ailleurs, au niveau national, les établissements d’hébergement classés ont totalisé près de 9,85 millions de nuitées à fin mars 2026, en progression de 10% par rapport à la même période de l’année précédente, confirmant la bonne dynamique du secteur touristique marocain.
