POUVOIR D’ACHAT : COMMENT ALLÉGER LA PRESSION FISCALE ?

LE POIDS DE LA FISCALITÉ SEMBLE PESER LOURDEMENT SUR LA CLASSE MOYENNE. CERTAINS LA CONSIDÈRENT MÊME COMME UNE VÉRITABLE VACHE À LAIT POUR L’ETAT. LE BESOIN D’ASSEOIR UN ÉQUILIBRE FISCAL, PRENANT EN CONSIDÉRATION LE POUVOIR D’ACHAT DE CETTE CATÉGORIE SE FAIT SENTIR.

Au Maroc, la pression fiscalesurles couches moyennes est l’une des plus élevées. Avec une TVA sur l’ensemble des produits de consommation facturée à 20% et un taux d’IR de 34% pour les revenus mensuels oscillant entre 6.667 et 15.000 dirhams et de 38% pour ceux supérieurs à 15.000 dirhams, la classe moyenne ne sait à quel saint se vouer !
Pour l’Etat, sur les 40 milliards de dirhams encaissés en matière d’impôt sur le revenu, plus de 70% proviennent des salariés. La direction des impôts estime que 70% des salariés ne paient pas d’impôts, puisqu’ils perçoivent le revenu minimum et sont donc exonérés.
C’est donc sur la partie moyenne de la classe des salariés que tombe tout le poids de la fiscalité
directe et indirecte.
L’expert en droit fiscal Youssef Oubouali explique qu’il ne faut pas « raisonner en termes de taux. Car il ne s’agit guère du seul déterminant de la pression fiscale. Il faudrait s’intéresser aussi à l’assiette, la base de calcul de l’impôt ». Là, il cite l’exemple d’un ménage qui recourt aux services d’une
employée de maison. Son salaire n’est pas réduit des charges de l’employeur.
«Si c’était le cas, cet employeur va procéder à la déclaration de son employée à la CNSS. Elle pourra donc bénéficier d’une couverture sociale et des allocations familiales si elle des enfants.
En contrepartie, c’est une économie d’impôts pour l’employeur issu de la classe moyenne », explique t-il. Même cas pour la scolarité des enfants ou encore le logement.

IMPÔT SUR LA FAMILLE

Au lieu de taxer les personnes, les fiscalistes appellent à procéder à la taxation du foyer fiscal. Le principe est que le foyer ne paie qu’un seul impôt avec déductions de toutes les charges à caractère social. D’après le CESE, l’introduction d’une fiscalité des ménages, étant plus favorable que la fiscalité individuelle, va permettre de renforcer la classe moyenne et la prise en considération de la réalité socioéconomique des familles. «Cette solution va permettre d’alléger les charges des foyers, booster la consommation et rétablir une certaine équité et cohésion sociales », estime El Mehdi Fakir.

ENCOURAGEMENTS ET EXONÉRATIONS

L’une des propositions de Fakir est d’exonérer et encourager avant tout l’épargne. De son côté, Youssef Oubouali préconise des encouragements pour l’accès à la propriété.
«L’exonération des droits d’enregistrements décrétée récemment est une bonne décision de la part des pouvoirs publics. Encore faut-il que cette exonération soit pérenne pour certaines catégories sociales, ou qu’elle soit partielle selon le revenu », note Oubouali.
D’après lui, un système en cascade serait l’idéal : « 100% pour les défavorisés, 75% pour les revenus situés entre 5.000 et 10.000 DH…. ».

« Il faut que l’exonération des droits d’enregistrements soit pérenne pour certaines catégories sociales, ou qu’elle soit partielle selon le revenu»,
explique l’expert en droit fiscal Youssef Oubouali. .