Classe Moyenne: The long walk vers l'inconnuDossiers

ÉDITO … CLASSE MOYENNE, LÉGUME DE L’ANNÉE !

La crise du Coronavirus a montré à quel point était fragile l’assise économique et social de la classe moyenne marocaine.
Il a suffi de quelques mois de baisse drastique de revenus pour faire balancer des milliers de ménages dans la précarité. Au-delà des chiffres officiels et analyses bien pensantes des experts (voir notre dossier central), des scènes de la vie quotidienne sont là pour nous balancer en pleine figure ce déclassement live !
Ainsi, des familles bataillent désormais pour transférer leur progéniture du privé à l’école publique (faute de moyens bien sûr), elles qui ont
saigné à blanc pour les sauver d’un système public défaillant, que l’Etat ne semble pas vouloir sauver !
A Casablanca, la cité des milliardaires marocains, on rapporte que pour faire face à la flambée des prix des légumes on n’achète
plus à la pesée mais au forfait : «quelques pièces de chaque légume pour un total de 20 dirhams svp », dirait la ménagère au marchand.
Plus question de vivre au-dessus de ses moyens, le défi est juste d’assurer son tagine du jour !
Autour de vous, il y a forcément des cas encore plus frappants et désolants. Faut-il en blâmer le Covid-19 ? Si le méchant virus a levé le voile sur une économie bien plus précaire qu’on ne le pensait, il y a tout de même lieu de s’interroger sur la soutenablité du deal non écrit voulant que la classe moyenne continue à financer un service public dont elle ne bénéficie pas et à enrichir un secteur privé sur lequel elle n’a aucun pouvoir et dont elle se trouve très souvent la victime (faut-il évoquer à ce propos le cas des cliniques ?!) Il est certain que l’Etat n’a pas intérêt à faire sauter d’un coup deux fonctions vitales que remplissent aujourd’hui la classe moyenne:
tampon avec les classes pauvres, foyer naturel de la contestation et moteur de la croissance par le biais de la consommation.
A partir de là il va de soi qu’il faille tout faire aujourd’hui pour sauver cette classe et la renforcer davantage. La défiscalisation de certaines
dépenses est une piste. Mais au-delà des solutions techniques, c’est au niveau de la logique d’ensemble qu’il serait plus optimal d’agir pour permettre une meilleure porosité entre les classes sociales et huiler un ascenseur social aujourd’hui grippé et menaçant effondrement!

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