PESTICIDES ... LA VÉRITÉ SUR UN POISON LÉGAL!

Quand les pesticides gagnent même notre sacré khobz w atay !

Thé , blé, menthe...de nombreuses affaires de contamination des aliments ont fait polémique au Maroc. mais, qu’en disent les producteurs ?

D’ABORD LE ATAY…
Tout a commencé par les révélations de la revue française «60 millions de consommateurs» sur des traces de pesticides dangereux dans 26 variétés de thé
en provenance de Chine. Ce pays est considéré comme le principal fournisseur du thé au Maroc. En effet, plus de 97% du thé commercialisé au Maroc est
importé de l’Empire du Milieu, soit l’équivalent de 70.000 tonnes annuellement.
L’ONSSA qui a refoulé une cargaison de 275 tonnes de thé vert de ce pays en fin 2017, pour problème de pesticides non autorisé, avait réagit. Des échantillons de plusieurs types de thé ont été prélevés et examinés. Résultats : le niveau d’un pesticide dit «acctamipride» trouvé dans le thé chinois est plus important que le volume exigé par l’Union européenne, la norme appliquée au Maroc, qui jusque-là n’avait pas de normes sanitaires propres pour le thé.
Une importante cargaison de thé vert d’origine chinoise, soupçonnée de contenir des résidus est alors bloquée.
Les cargaisons de thé en provenance de Chine ont été dès lors soumises à des examens de laboratoire aux critères draconiens avant leur entrée sur le marché marocain. Aussi, l’Onssa annonce la mise en place de nouvelles LMR (limitations maximales de résidus) concernant les pesticides présents dans le thé vert chinois commercialisé au Maroc applicables à partir de juillet 2019.
«Le problème résidait au niveau de certains pesticides utilisés en Chine qui ne sont pas autorisés pour la culture de thé, comme le prévoit les normes appliquées au Maroc. Il s’agit davantage de pesticides destinés à la tomate et autres produits», explique Mohamed Astaib, président de l’association Marocaine des industriels du thé et du café. Il ajoute «nous nous sommes déplacés en Chine pour sensibiliser les exportateurs de ce pays autour de la question de telle manière à se conformer à la norme marocaine ». Aussi, les importateurs ont effectué leurs propres analyses du thé incriminé. Les résultats, selon Astaib ont été surprenants. «Nous avons analysé le thé tel qu’il est consommé au Maroc c’est-à-dire à l’état liquide. Et nous sommes arrivés à la conclusion, preuves à l’appui, que le problème se situait au niveau des feuilles du thé, qui ont fait objet d’examen par l’ONSSA. Par
contre, les graines, quand elles sont préparées à la marocaine, leur liquide (thé marocain) ne contient aucune trace de pesticides », assure le professionnel qui considère que le contrôle devrait se faire à l’état dans lequel l’aliment est consommé.
Et pour rassurer encore plus les consommateurs, Astaib (propriétaire de la marque Asta) souligne qu’ «actuellement tous les thés sont conformes aux règles et il n’y a eu aucun rejet depuis par l’ONSSA qui effectue continuellement les contrôles au niveau des arrivages ».
Bonne nouvelle !

ENSUITE LE KHOBZ !

Dans le même registre, il y a quelques semaines, la FMDC avait alerté sur la présence de substances cancérigènes dans le pain vendu au commerce qui ont pour origine une farine elle-même toxique ! Kherrati, président, précise à ce propos que « la farine produite par les minoteries, et qui est utilisée pour faire le pain, n’est pas contrôlée par l’ONSSA » ! Révélation pour le moins inquiétante !
Mais l’activiste consumériste va encore plus loin pour déplorer le manque de contrôle rigoureux et régulier sur toute la chaîne de production du pain, c’est à dire de la culture du blé à sa transformation, sans oublier les points de vente et de distribution ! Le danger réside en effet dans la contenance d’une quantité importante d’amidon.
L’excès d’amidon, ajouté aux autres éléments utilisés pour sa fabrication comme le sel et le sucre, la levure chimique, le
chlore, exposent les consommateurs à diverses maladies comme le cancer du côlon, l’obésité, la dépression, l’eczéma,
etc. ! détaille la fédération dans un communiqué officiel en appelant les agriculteurs et les producteurs à
mettre en place un registre d’utilisation de pesticides.
Directement interpellé, l’Onssa se devait de réagir.
Selon un responsable de l’office : «le blé marocain ne contient pas de produits toxiques ni d’OGM et la production nationale de blé est conforme en matière de sécurité sanitaire.
Pour le blé importé, il est soumis à un contrôle et examen avant d’entrer sur le territoire national».
De son côté, Lahoucine Zaz, président de la Fédération nationale de la boulangerie et pâtisserie du Maroc (FNBPM), dément formellement les allégations de la FMDC.
«Tous les ingrédients que nous utilisons sont autorisés et conformes aux normes », tranche t-il. « 80% des terres cultivées sont dédiées aux céréales. Donc il serait inconcevable de recourir à des pratiques ou des produits interdits, surtout que le contrôle de la part du ministère de l’Agriculture est régulier et la sensibilisation des agriculteurs est continue », insiste le professionnel.
Autre argument avancé, « les semenciers sont bien formés quant à l’usage des pesticides et leur nocivité, surtout au niveau des grandes exploitations.
Les inspecteurs de l’ONSSA contrôlent d’ailleurs les céréales au niveau des établissements de stockage autorisés et ce, dans le cadre des visites sanitaires de suivi en procédant également aux vérifications nécessaires de leur conformité et sécurité sanitaire ». Aussi, « les importateurs sont obligés de se conformer aux normes dictées, sinon le produit ne franchira pas le sol marocain ». Lahoucine Zaz reconnait par ailleurs qu’«il y a quelques exceptions au niveau des petites cultures où on ne respecte pas le dosage nécessaire. Mais, ce n’est pas la règle ». Parole de minotier…

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