Uniconso condamne la grève des médecins du privé

Uniconso, association de défense des droits des consommateurs, dénonce la grève des médecins du privé prévue aujourd’hui. Une grève que Consonews a été le premier à annoncer et à critiquer (voir notre article Après les pharmaciens, les médecins font grève aussi).

Dans un communiqué incendiaire, l’association dénonce le fait de prendre en otage la partie la plus vulnérable qui est le consommateur pour défendre des intérêts corporatistes.

Nous publions ci-après le communiqué dans son intégralité:

COMMUNIQUE UNICONSO

En réaction au Communiqué du Collège National Syndical des Médecins Spécialistes Privés et de l’Association Nationale des Cliniques Privées, issu de l’Assemblé Générale tenue par les deux organismes, le 1er mars 2017, annonçant une grève de tous les cabinets privés, ainsi que les cliniques privées sauf pour les urgences vitales, et ce, le 30 mars 2017, nous répondons ainsi :
UNICONSO – Association de Protection des Droits des Consommateurs, est par sa genèse, respectueuse du Droit Constitutionnel, soutenant toute forme légale de protestation, y compris celle de la cessation de l’activité exercée sous forme de grève.
Néanmoins, elle ne saurait taire son incompréhension de faire valoir des droits professionnels en fermant les portes aux soins, toutes disciplines confondues de manière collégiale, aux patients, qui – eux – sont la partie la plus vulnérable, interpellant à la protection. Celle-ci débute par le serment de chaque médecin à placer le droit à la vie et aux soins médicaux, au-delà de toute démarche passible de mettre en péril des vies ou aggraver leurs situations faute de soins immédiats.
Outre le texte des revendications, qui selon nous, devrait faire l’objet de plusieurs tables rondes en présence des parties prenantes y compris UNICONSO, surtout que l’une des requêtes s’adresse au gouvernement, qui le cas échéant, ne saurait répondre avant qu’il ne soit constitué.
Nous condamnons fermement, cette « prise en otage » de la santé et de la vie des patients.
« … les cliniques privées assureront exclusivement les urgences vitales. » Cette annonce nous laisse appréhender le pire ; ouverte aux appréciations des uns et aux interprétations des autres. L’ambiguïté du terme « vital » ne nous donne aucun éclaircissement sur le mode de son évaluation.
Aussi réitérons-nous notre condamnation ferme de ce non respect porté à la partie la plus concernée et la plus étrangère à ce « bras de fer » administratif, que sont les patients ! Nous peinons à imaginer, un service de protection de la vie, être dans la « non assistance à personne en danger », frappé du sceau de la loi.

Casablanca le 29 mars 2017