
VML Intelligence vient de publier la 12ᵉ édition de son rapport “The Future 100”, une étude qui dresse un panorama des 100 tendances sociétales les plus fortes de 2026 et au-delà. Le document propose une lecture d’un monde sous tension, décrit comme “dysoptimiste” : un mélange de lucidité face aux crises, et d’énergie créative pour s’adapter, inventer et transformer.
Le fil rouge de cette édition est clair : la métamorphose. Les consommateurs ne se contentent plus de subir les perturbations économiques, sociales et environnementales. Ils développent une forme de résistance, de pragmatisme et de créativité assumée. Après une année marquée par des secousses multiples, la morosité se heurte, selon les auteurs, à un sursaut d’ingéniosité qui redéfinit les usages et les aspirations.
Une envie de renouveau qui traverse toutes les générations
Le rapport souligne une quête d’expériences capables de surprendre et de “réenchanter” le quotidien. Selon VML, 86% des sondés se disent attirés par des moments qui les émerveillent et changent leur manière de voir le monde.
Dans ce mouvement, la technologie et la créativité occupent une place centrale. Une nouvelle génération de créateurs s’appuie sur l’intelligence artificielle pour ouvrir des formats inédits, et inventer de nouveaux langages culturels. La tech devient un outil d’évasion, de production et de réinvention.
VML relève ainsi que 70% des membres de la Gen Z plébiscitent l’évasion via la technologie, et qu’une part importante de cette génération a déjà construit un lien fort avec l’IA : 49% déclarent avoir vécu une relation significative avec une intelligence artificielle.
La technologie progresse, mais le besoin humain reste dominant
Malgré la montée en puissance de l’IA et des expériences numériques, le rapport insiste sur un point : le lien humain reste irremplaçable, notamment dans les actes de consommation. VML note que 80% des consommateurs préfèrent encore interagir avec un interlocuteur humain lorsqu’ils achètent, et 87% recherchent des expériences capables de recréer du lien social.
Cette tension entre hyper-technologie et besoin de proximité façonne une grande partie des tendances de 2026 : on veut plus d’innovation, mais aussi plus de chaleur, plus de confiance, plus de relations authentiques.
Crises systémiques : la pression devient un moteur d’adaptation
VML rappelle que les préoccupations majeures restent dominées par l’économie et l’instabilité. Le coût de la vie arrive en tête des inquiétudes (48%), devant les conflits et l’insécurité (38%) et la pauvreté (36%). La protection de la planète suit de près (34%), confirmant que l’environnement reste un enjeu important, même lorsque le pouvoir d’achat est sous tension.
Face à ce contexte, les consommateurs réagissent par l’ajustement de leurs modes de vie. Plutôt que de se laisser écraser par la crise permanente, beaucoup transforment les perturbations en déclencheurs de nouvelles routines : plus d’attention au corps, plus de mouvement, plus de sommeil, plus de nature.
VML indique notamment que :
- 45% écoutent davantage leur corps
- 44% font plus d’exercice qu’avant
- 42% priorisent leur sommeil
- 41% passent plus de temps dans la nature
En parallèle, une aspiration plus profonde émerge : 91% souhaitent se sentir connectés à quelque chose de plus grand qu’eux, à travers des moments hors du quotidien. Une quête de sens qui traverse le bien-être, la consommation et la culture.
Cinq prédictions marquantes qui pourraient façonner 2026
1) Et si la nature était enfin rémunérée ?
VML met en avant une idée forte : reconnaître la valeur économique de la nature. L’exemple cité est l’initiative Sounds Right, qui publie des sons naturels sur Spotify et Apple Music, crédités au nom de “Nature”. Les royalties générées financent ensuite des actions de protection de la biodiversité. Le projet, porté par Museum for the United Nations—UN Live, aurait déjà généré 625.000 dollars pour des causes environnementales.
2) Et si l’IA arrêtait de parler “anglais par défaut” ?
VML anticipe une montée des modèles d’IA régionaux, entraînés sur des références locales, des accents et des contextes culturels. L’idée : une IA qui ne se contente pas de traduire, mais qui “pense” dans une culture donnée. Le rapport cite notamment Latam-GPT, ALLAM 34B, Jais, BharatGen ou Sarvam AI. Un virage vers un numérique plus polyphonique, moins uniforme.
3) Et si le luxe se partageait plutôt qu’il ne se possédait ?
Le rapport évoque l’émergence d’un “luxe partagé” : achats groupés, abonnements fractionnés à des jets privés, résidences secondaires en copropriété gérée via des plateformes. Une manière de consommer le prestige autrement, dans un contexte où l’accès au luxe classique devient plus difficile.
4) Et si les capitales se construisaient comme des marques ?
VML observe la montée des villes “conçues de zéro”, pensées comme des projets stratégiques : New Administrative Capital (Égypte), Nusantara (Indonésie), ou Telosa (États-Unis). Ces villes combinent énergies renouvelables, mobilité autonome et gouvernance pilotée par la donnée, dans un monde de plus en plus urbanisé.
5) Et si nos sens étaient “mis à jour” ?
Enfin, VML mise sur une accélération des technologies d’augmentation sensorielle : perception de nouvelles couleurs, lentilles permettant de voir l’infrarouge, transmission du goût à distance, dispositifs haptiques capables de simuler plusieurs sensations tactiles. Un futur où l’expérience humaine devient un terrain d’innovation technologique.
Un rapport qui confirme une tendance de fond
Au-delà des exemples, “The Future 100” dessine une tendance structurante : 2026 sera une année de recomposition, où les crises ne freinent pas toujours le changement, mais l’accélèrent. Les consommateurs deviennent plus agiles, plus inventifs, et parfois plus radicaux dans leurs choix.
Dans ce monde “dysoptimiste”, la consommation n’est plus seulement un acte d’achat : elle devient un moyen de se protéger, de se réinventer, de s’évader… et de se reconnecter.
Source: .nfluencia.net
