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Carburants : Pourquoi l’État refuse de sacrifier la manne fiscale

Alors que le litre de gasoil frôle les 13 dirhams, la pression monte pour une baisse de la TVA et de la TIC. Pourtant, le gouvernement maintient sa ligne de fermeté. Entre impératifs budgétaires, pressions du FMI et efficacité réelle des baisses de taxes, plongée dans les coulisses d’un arbitrage sous haute tension.

Le 16 mars 2026 restera comme une date de crispation à la pompe : +2 dirhams pour le gasoil, +1,44 dirham pour l’essence. Dans un contexte international électrique, marqué par l’escalade au Moyen-Orient, le Maroc voit ses factures énergétiques s’alourdir. Si des pays comme le Vietnam ou la Corée du Sud dégainent des baisses de taxes, Rabat, à l’instar de Paris, préfère la prudence. Un choix qui ne relève pas de l’obstination, mais d’une équation économique complexe.

Le mirage de la baisse de la TVA

Pour beaucoup, réduire la fiscalité (qui représente jusqu’à 60 % du prix final) serait la solution miracle. Pourtant, les experts sont formels : c’est une « fausse bonne idée ». L’expérience montre que les baisses de TVA sont rarement intégralement répercutées sur le consommateur final. Elles finissent souvent par être absorbées par les marges des distributeurs.

De plus, le mécanisme est déjà subtil : les pétroliers paient 10 % de TVA à l’importation et collectent 10 % à la pompe. Grâce au jeu des déductions, l’État ne perçoit réellement la taxe que sur la marge de distribution. Baisser ce taux affaiblirait les recettes publiques sans garantie de soulagement pour l’automobiliste.

25 milliards de dirhams : Le poids des acquis sociaux

La fiscalité des carburants n’est pas une simple ligne comptable ; c’est le moteur de la solidarité nationale. Chaque année, elle génère environ 25 milliards de dirhams. Cet argent finance directement :

  • Les aides sociales directes aux ménages précaires.

  • Le soutien au transport pour éviter l’explosion des prix des denrées.

  • Les programmes de logement et la Caisse de compensation.

Toucher à cette recette, c’est fragiliser le financement de l’État social. Comme le rappelle un expert en finances publiques : « Une taxe supprimée est rarement réintroduite ». Dans un budget déjà serré, le gouvernement refuse de créer un précédent dangereux pour l’équilibre des comptes.

La pression de l’ombre : Le FMI en embuscade

Le gouvernement marocain doit également composer avec les recommandations des bailleurs de fonds. Le FMI pousse pour un alignement de la TVA sur les énergies fossiles de 10 % à 20 %, afin d’encourager la transition énergétique. Si l’exécutif résiste pour l’instant afin d’éviter une déflagration sociale, cette pression limite toute marge de manœuvre vers une baisse durable de la fiscalité.

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Le vrai débat : L’encadrement des marges

Pour nombre d’analystes, le problème n’est pas fiscal mais structurel. Depuis la libéralisation de 2015, le marché est resté très concentré. Certains plaident pour un plafonnement des marges bénéficiaires des distributeurs (autour de 7 %) plutôt qu’une baisse des taxes. Sans une réforme de la concurrence et une transparence accrue sur les stocks, toute concession fiscale risque de n’être qu’un cadeau sans lendemain fait aux pétroliers, au détriment du Trésor public.

Source: Le360

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