
La perspective d’une nouvelle envolée des prix des carburants se précise. Sous l’effet des tensions géopolitiques et de la hausse des cours mondiaux, le litre de gasoil pourrait atteindre des niveaux inédits au Maroc, frôlant les 18 dirhams, selon Houcine El Yamani.
Le responsable syndical met en cause une conjoncture internationale particulièrement instable. L’escalade militaire au Moyen-Orient a profondément bouleversé les marchés énergétiques, où les prix évoluent désormais au gré des rapports de force géopolitiques. En l’espace de quelques semaines, le baril de Brent a fortement progressé, tout comme les produits raffinés, dont les hausses s’avèrent encore plus marquées.
Cette dynamique se répercute directement sur les coûts d’importation. Converti en dirhams, le prix international du gasoil atteint déjà un niveau élevé. À cela s’ajoutent les charges logistiques, une fiscalité significative et les marges de distribution, qui alourdissent mécaniquement le prix final à la pompe.
Le cumul de ces facteurs pourrait ainsi porter le litre de gasoil à près de 18 dirhams, un seuil jugé difficilement soutenable pour les ménages. Dans un contexte de pression sur le pouvoir d’achat, les dispositifs de soutien ciblés, notamment en faveur du transport, apparaissent insuffisants pour contenir l’impact global.
Au-delà de la flambée actuelle, la situation relance le débat sur les choix énergétiques du pays. L’écart grandissant entre les prix du brut et ceux des produits raffinés met en lumière la dépendance du Maroc et le manque de capacités locales de transformation, avec un coût économique potentiellement très élevé.
Face à ces enjeux, plusieurs pistes sont avancées : encadrement des marges des distributeurs, allègement temporaire de la fiscalité ou encore relance du raffinage national, notamment à travers la remise en activité de la raffinerie de Mohammedia.
Dans un marché sous tension, la question énergétique revient ainsi au premier plan, entre urgence conjoncturelle et défis structurels.
Avec Le360
