France : l’INC officiellement liquidé, “60 millions de consommateurs” en vente

C’est une page qui se tourne pour la défense des consommateurs en France. L’Institut national de la consommation (INC) a été officiellement placé en liquidation, conformément aux dispositions prévues par la loi de finances 2026, actant la fin d’un établissement public historique.
Un décret publié au Journal officiel encadre les modalités de cette procédure, qui s’étalera sur plusieurs mois. Un liquidateur a été désigné avec pour mission de piloter la fermeture de l’institution, tout en maintenant temporairement l’activité de son titre emblématique, le magazine « 60 millions de consommateurs », le temps de lui trouver un repreneur.
Le calendrier fixé se veut resserré. Trois mois sont initialement accordés pour identifier un acquéreur, avec la possibilité d’une prolongation si nécessaire. À défaut de solution viable, la cessation pure et simple de la publication n’est pas exclue, les actifs pouvant alors être cédés séparément.
Du côté des pouvoirs publics, on assure vouloir préserver la valeur et la continuité du titre. Le ministère du Commerce évoque un processus de reprise ouvert, susceptible d’impliquer des acteurs privés, des associations, voire les salariés eux-mêmes, tout en affirmant que le choix final devra servir l’intérêt du magazine.
Mais sur le terrain, les inquiétudes dominent. Des représentants des salariés pointent l’absence de garanties explicites concernant l’avenir des équipes et l’indépendance éditoriale du journal. La crainte d’un basculement vers une ligne influencée par des intérêts extérieurs est clairement exprimée.
La disparition de l’INC, fondé en 1966, s’inscrit dans un contexte budgétaire tendu. Si l’établissement a connu des difficultés financières ces dernières années, avec un déficit enregistré en 2024, il avait néanmoins retrouvé l’équilibre dès 2025. Le coût global de la liquidation fait lui-même débat, avec des estimations divergentes entre les autorités et les représentants syndicaux.
Au-delà des chiffres, c’est la question du rôle des institutions publiques dans l’information et la protection des consommateurs qui est posée. Le sort de « 60 millions de consommateurs », publication de référence, apparaît désormais comme un test pour l’avenir de ce modèle.
