Mondial 2030 : le FMI alerte sur les risques budgétaires liés aux grands chantiers
Le Fonds monétaire international met en garde contre les risques de dérapage budgétaire liés aux investissements engagés par le Maroc dans la perspective de la Coupe du monde 2030. Si ces projets offrent un potentiel réel de croissance, leur ampleur impose une gestion rigoureuse pour éviter une pression excessive sur les finances publiques.
Le Maroc prévoit en effet un programme d’investissement estimé à près de 190 milliards de dirhams, soit environ 11,9 % du PIB. Ces dépenses concerneront principalement les infrastructures de transport, les aéroports, les stades, les autoroutes ainsi que les aménagements urbains et touristiques. Le financement reposera majoritairement sur les crédits bancaires nationaux, complétés par des financements extérieurs, des obligations locales et les fonds propres d’entreprises publiques.
Selon le FMI, ces investissements pourraient générer un gain de croissance d’environ 2 % du PIB à l’horizon 2030, et jusqu’à 3 % à plus long terme. Toutefois, cet impact positif s’accompagne de risques macroéconomiques, notamment une hausse du déficit budgétaire, une augmentation de la dette publique estimée à près de 8 % du PIB, ainsi qu’une pression sur l’inflation et l’investissement privé.
L’institution insiste particulièrement sur le risque de dépassement des coûts, fréquent dans les grands projets d’infrastructures. Une dérive de 30 % des budgets pourrait alourdir davantage la dette sans générer de bénéfices économiques supplémentaires. Elle souligne également que près de 60 % des dépenses pourraient concerner des importations, limitant l’impact immédiat sur l’économie nationale.
Un autre point d’attention concerne l’effet d’éviction : le recours accru à l’endettement public pourrait entraîner une hausse des taux d’intérêt, freinant l’investissement privé à court terme.
Face à ces enjeux, le FMI appelle à une gestion stricte des projets, reposant sur le contrôle des coûts, un financement progressif, l’intégration des dépenses de maintenance et une gestion prudente de la dette.
L’institution reconnaît néanmoins que ces investissements peuvent constituer un levier structurant pour moderniser les infrastructures nationales et soutenir la croissance, à condition que leur mise en œuvre respecte les équilibres financiers.
En toile de fond, le Mondial 2030 apparaît ainsi comme un catalyseur de transformation économique, dont les retombées dépendront étroitement de la capacité à maîtriser les risques budgétaires et à optimiser l’efficacité des dépenses publiques.
