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Consommation de sucre au Maroc : un équilibre fragile entre habitudes, santé et régulation

La question de la consommation de sucre au Maroc reste au croisement d’enjeux économiques, industriels et sanitaires. Au Parlement, le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, a souligné l’importance de trouver un équilibre entre la protection de la santé des citoyens et la compétitivité des entreprises.

Sur le plan financier, la subvention moyenne du sucre a atteint 3,4 milliards de dirhams par an au cours des cinq dernières années, pour une consommation annuelle estimée à 1,2 million de tonnes. Environ un quart de ce volume est absorbé par les industries agroalimentaires.

Dans ce contexte, les autorités appellent à une évolution du cadre réglementaire, notamment à travers la mise en place de normes définissant des seuils maximaux de sucre selon les produits. L’objectif est de mieux encadrer la consommation tout en préservant les équilibres économiques.

Du côté de la filière, le groupe Cosumar a fait état d’une reprise de l’activité en 2021, avec un retour à des niveaux proches de ceux d’avant la pandémie. Les ventes sur le marché local ont progressé de 5 %, portées par l’allègement des restrictions et la reprise économique.

Cependant, la production nationale a reculé de 26 %, s’établissant à 388.000 tonnes contre 526.000 tonnes un an auparavant. Cette baisse s’explique notamment par les conditions climatiques défavorables, marquées par la sécheresse et les tensions sur les ressources en eau. Le groupe indique avoir atténué ces effets grâce à des initiatives en matière d’innovation agricole et d’accompagnement des agriculteurs.

À l’export, les ventes ont légèrement progressé, atteignant 654.000 tonnes, malgré un contexte international marqué par la hausse des coûts logistiques et des difficultés d’approvisionnement.

Ainsi, la filière sucrière marocaine évolue dans un environnement contrasté : une demande soutenue et des ventes en reprise, mais des contraintes structurelles liées à la production et aux conditions climatiques.

Dans ce contexte, les perspectives reposent à la fois sur l’amélioration de la productivité agricole, la maîtrise des coûts et l’adaptation du cadre réglementaire, afin de concilier enjeux économiques et impératifs de santé publique.

Avec L’Opinion

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