Viandes rouges : nouvelle tension sur les prix à l’approche de l’Aïd al-Adha

À l’approche de l’Aïd al-Adha, les prix des viandes rouges repartent à la hausse sur les marchés, ravivant les inquiétudes des ménages dans un contexte où le pouvoir d’achat reste fragilisé. Cette tendance intervient après une relative accalmie observée durant le mois de Ramadan, et s’inscrit dans une dynamique inflationniste plus large touchant également d’autres produits alimentaires, notamment les légumes.
En quelques semaines, les prix ont augmenté d’environ 10 dirhams par kilogramme, pour se situer désormais entre 90 et 120 dirhams selon la qualité. Cette évolution reflète un déséquilibre croissant entre l’offre et la demande, caractéristique de cette période marquée par une consommation accrue.
La demande, en forte progression à l’approche de la fête, se heurte à une offre plus limitée. Une partie des éleveurs privilégie en effet la vente de leurs troupeaux ovins pour le sacrifice rituel, réduisant ainsi les volumes disponibles sur les circuits habituels. Par ailleurs, certains adoptent une posture attentiste, conservant leurs bêtes dans l’espoir de bénéficier de hausses supplémentaires dans les jours précédant l’Aïd. Cette rétention contribue à accentuer la tension sur les prix.
À ces facteurs s’ajoute le niveau élevé des coûts des intrants, en particulier les aliments pour bétail. Malgré une amélioration relative des conditions climatiques, les charges restent importantes pour les éleveurs, qui les répercutent sur les prix de vente afin de préserver leur rentabilité.
Cette nouvelle flambée met en évidence les fragilités structurelles du marché des viandes rouges. Elle illustre surtout la difficulté à concilier les contraintes économiques des producteurs avec les capacités financières des consommateurs, dans une période où la demande atteint son pic.
Avec Al Ahdath Al Maghribia
