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Made in Morocco : Ryad Mezzour appelle à passer de la sous-traitance aux marques marocaines

Le Maroc doit désormais franchir une nouvelle étape dans son développement industriel. C’est le message porté par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, lors des Industry Meeting Days de Casablanca, où il a défendu une stratégie fondée sur l’innovation, la montée en gamme et la création de marques à forte valeur ajoutée.

Pour le ministre, l’enjeu n’est plus seulement d’attirer des investissements ou de développer des capacités de production. Le véritable défi consiste à transformer le potentiel humain du Royaume en opportunités économiques capables de répondre aux attentes d’une jeunesse de plus en plus qualifiée.

Cette question est devenue centrale dans un contexte marqué par un paradoxe persistant : malgré l’élévation du niveau de formation, le chômage touche davantage les diplômés que les catégories moins qualifiées. Pour Ryad Mezzour, l’industrie doit donc créer davantage de valeur et mieux répartir les fruits de la croissance sur l’ensemble du territoire.

Au-delà de l’emploi, le ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer le positionnement du Maroc sur les secteurs technologiques de nouvelle génération. Batteries électriques, hydrogène vert, machines-outils ou encore industries de pointe figurent parmi les paris stratégiques engagés par le Royaume afin de se positionner sur les segments les plus créateurs de valeur.

Cette orientation traduit un changement profond de modèle. Longtemps intégrée aux chaînes de valeur mondiales comme plateforme de production et de sous-traitance, l’industrie marocaine cherche désormais à capter une part plus importante de la valeur créée en développant ses propres technologies, son savoir-faire et, surtout, ses propres marques.

« L’objectif est de passer progressivement de la sous-traitance à la co-traitance, puis à la traitance », a résumé Ryad Mezzour. Autrement dit, le Maroc ambitionne de ne plus se limiter à produire pour le compte d’autres entreprises, mais de devenir donneur d’ordre, concepteur de produits et propriétaire de marques capables de bénéficier de la « prime d’innovation » et de la « prime de marque ».

Cette évolution est loin d’être anodine. Dans l’industrie mondiale, la valeur se concentre de plus en plus dans la conception, la propriété intellectuelle, le marketing et la maîtrise de la relation client, bien davantage que dans l’assemblage ou la fabrication proprement dite. C’est précisément cette part de la chaîne de valeur que le Royaume cherche aujourd’hui à conquérir.

Le ministre a également plaidé pour une diversification des débouchés commerciaux. Avec près de 70 % des exportations orientées vers l’Europe, le Maroc reste fortement dépendant d’un seul marché. L’Afrique, le Moyen-Orient et les Amériques apparaissent désormais comme des relais de croissance indispensables dans un contexte de recomposition des échanges internationaux.

En filigrane, c’est une nouvelle définition de la souveraineté industrielle qui se dessine. Pour Ryad Mezzour, celle-ci ne se limite pas à produire localement. Elle suppose également la capacité de concevoir, d’innover et de répondre aux besoins stratégiques du pays dans des domaines clés comme l’énergie, la santé ou les technologies industrielles.

Le discours du ministre confirme ainsi l’évolution de la stratégie industrielle marocaine. Après avoir réussi son intégration dans les chaînes mondiales de production, le Royaume ambitionne désormais de monter d’un cran : créer davantage de valeur localement, développer des champions nationaux et faire émerger des marques marocaines capables de rayonner sur les marchés internationaux.

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