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Volaille: le poulet à prix cassé soulage les ménages, mais menace les éleveurs

Après des mois de flambée des prix, le marché du poulet connaît un retournement spectaculaire. Dans plusieurs élevages, le kilogramme est désormais vendu entre 7 et 8 dirhams, soit près de la moitié du coût de production estimé par les professionnels. Une situation qui profite aux consommateurs, mais qui fragilise fortement l’ensemble de la filière avicole.

Pour les ménages, cette baisse constitue une bonne nouvelle. Le poulet reste la protéine animale la plus accessible pour une grande partie des Marocains et son recul contribue à alléger le budget alimentaire. Mais derrière cette détente des prix se cache une crise profonde qui inquiète les producteurs.

Selon les éleveurs, le marché souffre aujourd’hui d’un important déséquilibre entre l’offre et la demande. Environ 15 millions de poussins seraient produits chaque semaine alors que les besoins du marché national dépasseraient rarement les 9 millions. À cette surproduction s’est ajoutée une baisse de la consommation durant la période de l’Aïd, les ménages ayant consacré une part importante de leurs dépenses à l’achat du mouton.

Résultat : des milliers de poulets restent invendus dans les exploitations, générant des coûts supplémentaires d’alimentation, de chauffage et d’entretien. Certains éleveurs affirment perdre entre 15.000 et 20.000 dirhams pour chaque lot de mille volailles commercialisé.

La crise met également en lumière une contradiction souvent dénoncée par les professionnels. Alors que le poulet quitte les fermes à 7 ou 8 dirhams le kilo, il peut encore être vendu entre 13 et 15 dirhams au consommateur final selon les régions. Cet écart alimente le débat sur le rôle des intermédiaires et sur la répartition de la valeur tout au long de la chaîne de distribution.

Pour le consommateur, la baisse actuelle apparaît comme un soulagement ponctuel. Mais si les pertes conduisent à la disparition d’un grand nombre d’éleveurs, le risque est de voir la situation s’inverser dans quelques mois. Une réduction de la production pourrait alors provoquer une nouvelle tension sur les prix et relancer le cycle des hausses.

Au-delà du prix du poulet, c’est donc toute la question de l’équilibre de la filière qui est posée. Comment protéger le pouvoir d’achat des ménages tout en garantissant la viabilité économique des producteurs ? Une équation devenue centrale pour l’un des secteurs alimentaires les plus stratégiques du pays.

Avec Le360

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