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Tabac: les Suisses déclarent la « guerre » à notre santé publique!

La santé d’un Suisse compte plus que la santé d’un Marocain ? Il faut croire que c’est le cas pour les marques de cigarettes (pour qui la santé ne compte pas en général, vu le caractère meurtrier du produit).

En effet, d’après une enquête réalisée par le média helvétique publiceye.ch, «les cigarettes fabriquées sur sol helvétique et vendues au Maroc sont bien plus fortes, plus addictives et plus toxiques que celles que l’on trouve en Suisse ou en France».

Publiceye s’appuie sur les résultats d’une étude qu’il a commanditée auprès de l’Institut de Santé au Travail, à Lausanne, qui dépend du CHUV et fait partie du réseau de laboratoires validés par l’OMS.

Par exemple, «un échantillon de la marque Winston comporte plus de 16.31 milligrammes de particules totales par cigarette, contre 10.5 pour des Winston Classic achetées à Lausanne».

Le cas de la marque Camel est encore plus scandaleux avec des cigarettes dites light commercialisées au Maroc qui sont plus dangereuses que les Camel filters vendues en Suisse !

Ainsi, «pour la nicotine, la différence entre les cigarettes commercialisées au Maroc et en Suisse est particulièrement frappante: 1.28 milligramme par cigarette pour des Camel «Swiss made» vendues au Maroc, selon les résultats de l’IST, contre à peine 0.75 milligrammes pour des Camel Filters vendues en Suisse. Pour le monoxyde de carbone, qui a pour effet de réduire la quantité d’oxygène circulant dans le sang».

Loin de se contenter de pratiquer un double-standard en matière de composants, les marques se permettent même de mentir au sujet des valeurs réelles de ces composants dans un paquet de cigarette. «Dans certains cas, les taux mesurés par les scientifiques romands sont supérieurs à ceux affichés par les marques sur leurs paquets», révèle publiceye. «C’est particulièrement le cas des valeurs de nicotine contenue dans les cigarettes marocaines: les Winston en contiennent près de 1,5 milligramme, alors qu’elles affichent le chiffre de 1».

De quels composants nocifs on parle ? Géré par un document officiel dit l’Ordonnance sur le tabac, «les ingrédients autorisés incluent l’ensemble des arômes admis pour les produits alimentaires, le sucre, le miel, les épices et tous les édulcorants alimentaires à l’exception de deux, le sucralose et le sel d’aspartame-acésulfame. On peut donc y trouver une palette d’agents humectants, des produits de blanchiment des cendres, des accélérateurs de combustion, des agents conservateurs et, finalement, des adhésifs et liants», rapporte publiceye.

«À l’origine, ces ingrédients ne sont pas destinés à être brûlés pour être ensuite inhalés. Leur combustion produit souvent des substances toxiques, voire cancérogènes», explique Pascal Diethelm, président de l’association antitabac OxyRomandie.

De plus, la Suisse est la seule, sur le continent européen, à produire des cigarettes plus toxiques que celles fumées par ses propres ressortissants.

La «guerre déclarée» à la santé publique s’effectuerait en profitant d’un certain  laisser-aller au niveau du système de contrôle marocain. Ainsi, d’après le journal suisse, «Comme constaté à Casablanca, le Maroc ne contrôle pas les composants des Winston et des Camel importées de Suisse. Les douanes se contentent de s’assurer de la conformité fiscale des conteneurs» !

A notre connaissance, le contrôle de la conformité sanitaire est le «boulot» de l’Onssa. L’Office, encore jeune, n’en serait pas à la première faille de son dispositif d’homologation (Cf. l’affaire du thé toxique importé de Chine). La révélation de ce type de manquements lui permet en  effet d’améliorer sa prestation.

Sinon, c’est surtout la grâce divine qui empêche un drame collectif!

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