Ecoles privées/Frais de scolarité: les associations de consommateurs appellent à la suspension du paiement

La FNAC, fédération nationale des associations de consommateurs, en a visiblement gros sur le cœur par rapport aux écoles privées. Un peu à l’image de l’ensemble des ménages. Il s’agit là d’un ras-le-bol qui ne date pas d’aujourd’hui mais qui est en passe de se transfomer en une véritable revendication nationale surtout en temps de Coronavirus et tout particulièrement après le malheureux communiqué de l’Alliance de l’Enseignement Privé du Maroc daté du 18 mars 2020 où les écoles privées ont osé l’impair de demander de l’argent à l’Etat!

Certains établissements ne s’en sont pas arrêtés là et sont aller jusqu’à menacer de privation des cours à distances les enfants dont les parents se sont retrouvés dans l’impossibilité les frais de scolarité de mars.

Dans un communiqué fleuve, la FNAC tire ainsi à boulets rouges sur les écoles privées membre de cette Alliance.

Quelques passages de ce communiqué incendiaire:

« Nous déplorons qu’après l’annonce par Ministère de l’Education Nationale, de la Formation Professionnelle, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique de la fermeture de l’ensemble des écoles du Royaume à partir  du lundi 16 mars 2020, L’Alliance au nom des écoles concernées, déclare qu’elles ne sont pas en mesure d’assurer la continuité pédagogique avec leurs propres moyens et réclament de l’aide financière ».

« Par ce communiqué Ladite Alliance ignore alors la réelle portée de son rôle de partenaire et d’acteur éducatif méritant qui exerce pleinement une mission de service public, qui justifieraient alors les avantages qu’elle réclame : car ceux-ci seront mis au service de la qualité de l’enseignement et non de l’accroissement des profits des entreprises : Notamment en période de crise nationale ! Ce groupement fait ainsi une nouvelle fois, la malheureuse démonstration que la question pédagogique n’est pas une priorité : déjà les enseignant(e)s ne seraient pas payé(e)s, déjà les parents et tuteur d’élèves menacé(e)s de rupture dans la continuité pédagogique ! »

« Les écoles privées qui, elles, disposent de fonds supplémentaires grâce aux frais réglés par les parents et tuteurs consommateurs, et que ces engagements financiers sont prélevés en grande majorité par anticipation en raison de la pratique du paiement des frais de scolarité par trimestre (pratique non encadrée) ne pourraient pas déployer des mesures pédagogiques comme l’Etat a été en capacité de le faire, et cela immédiatement à l’annonce de cette mesure ! »

« Ce communiqué rompt avec toutes les exigences de bonne gouvernance liées à la mise en œuvre d’une offre d’enseignement, spécialement dans le cas de l’enseignement obligatoire ».

« Il est temps pour ce secteur de faire preuve de sérieux et de responsabilité quant à la communication adoptée ‎vis-à-vis de ceux qui sont avant tout des citoyennes et des citoyens ».‎

« Nous déplorons que le secteur privé qui exerce une mission de service public fasse des demandes injustifiées : que ce soit vis-à-vis de l’Etat qu’il doit soutenir en période de crise, ou vis-à-vis des consommateurs envers qui les écoles privées prélèvent des frais toujours plus exorbitants, dans un contexte ou le niveau qualitatif n’est pas toujours avéré, et où le consommateur a été contraint de recourir au secteur privé.

Après cette véritable canonnière verbale la FNAC fait des propositions somme toute judicieuses à l’adresse des pouvoirs publics afin de protéger les consommateurs en cette période où ils sont exceptionnellement vulnérables:

-Les parents et tuteurs, doivent pouvoir être assuré(e)s que les autorités de tutelle exerceront un contrôle des écoles privées, dans la mesure de leurs moyens compte tenu de la période exceptionnelle, pour garantir que les écoles privées déploient les moyens nécessaires à la continuité pédagogique, y compris en ce qui concerne les examens ;

-Les ménages qui peuvent prétendre aux mesures spéciales de financement annoncées par les pouvoirs publics qui leur permettent de faire face durant cette période, devraient également pouvoir bénéficier de la suspension du paiement des frais de scolarité ;

-Faire bénéficier les consommateurs en difficultés, aux moyens de mesures négociées personnalisées, des solutions de paiements échelonnées afin de permettre à tous les consommateurs de continuer à remplir leurs engagements de manière sereine ;

L’exigence des frais d’inscription devrait être suspendue jusqu’au mois de septembre 2020;

« En cette période de crise nationale, l’imprévisibilité et l’insécurité à laquelle font face les ménages impliquent de mettre en œuvre des solutions adaptées pour le bien être général et l’intérêt suprême de l’enfant, et pour la préservation des intérêts économiques du consommateur », conclue la FNAC.