Écoles privées: les parents d’élèves contrattaquent!

« Qui veut encore de l’école publique? ». Un titre plus que choc de L’Economiste du 28 février 2017. Le quotidien donne un premier élément de réponse : « Elle est désertée par ses défenseurs, soit la classe des intellectuels » tout en précisant que l’école publique tue la mixité sociale.

Mais une question fondamentale demeure toutefois posée : est-ce que l’Etat veut encore de l’école publique?

La question peut paraître triviale voire déplacée. Mais la réponse n’a rien d’évident. En effet, dans le même numéro, la question de rendre payant (en partie) l’enseignement public refait surface.

S’exprimant sur la question, Abdellatif El Moundi, Secrétaire Général du Conseil Supérieur de l’Education, affirme que son institution « n’as jamais parlé d’annulation de la gratuité de l’école, ni du paiement de frais d’inscription pour les familles modestes ».

Autrement dit, ce sera aux familles aisées de payer des frais de scolarité si elles veulent que leur progéniture puisse bénéficier de l’enseignement exceptionnel qu’offre l’école publique!

Trêve de fiction. Ces familles « intellectuelles » et « aisées » sont déjà dans le privé comme tout le monde le sait et semblent décidées à être davantage entendues pour ce qui de l’avenir de leurs enfants, notamment sur la question de l’enseignement.

Ainsi, après l’épisode malheureux de la supposée enquête visant les écoles privées de droit marocain homologuées missions (mots clés : affaire Ecole Belge Luxe Radio Rachid Belmokhtar), des parents d’élèves se sont organisées en groupe fermés sur les réseaux sociaux.

Au bout de quelques jours de travail digne de syndicats, une pétition voit le jour avec comme titre : « Sauver l’enseignement marocain ».

« Cette pétition, est une invitation à tous les parents d’élèves marocains, soucieux de l’avenir de leurs enfants, à joindre leurs voix à la nôtre pour réanimer et sauver l’enseignement marocain, et stopper les pratiques des écoles privées », peut-on y lire.

Le texte de la pétition confirme le constat fait par L’Economiste : les parents concernés n’évoquent aucunement le retour à l’ancien régime, ils veulent juste un enseignement privé moins libéral (au sens prédateur du terme).

Cela tout en prenant soin de bien préciser que « les parents d’élèves se sont presque tous tournés vers le secteur privé (par obligation et non choix) » mais se sont trouvés « pris dans un cercle vicieux du secteur privé, animé beaucoup plus par les intérêts pécuniaires que par l’éducation des enfants ».

La pétition vise 10.000 signatures. Elle en a récolté jusque-là quelques 2.189. Elle sera une fois l’objectif atteint présentée au  Ministre de l’Education nationale et de la formation professionnelle.

Bon courage!