Aïd El Kébir 2026 : Vers un retour à la normale pour le marché du bétail

Après une année blanche marquée par la sécheresse et l’annulation du sacrifice, le cheptel national reprend des couleurs. Grâce à une pluviométrie généreuse et des importations stratégiques, l’offre pour l’Aïd El Kébir s’annonce abondante, laissant présager une stabilisation des prix pour les consommateurs.
L’effervescence commence déjà à gagner les campagnes marocaines. À peine le mois de Ramadan achevé, les regards se tournent vers le 27 mai prochain, date probable de l’Aïd El Kébir. Pour les foyers marocains, cette édition 2026 revêt une importance particulière : elle marque le grand retour du rituel du sacrifice après une année 2025 éprouvante où le manque d’eau avait contraint le pays à la retenue.
Un cheptel revigoré par les pluies
Le signal est au vert dans les prairies. Les précipitations exceptionnelles de ces derniers mois ont transformé les pâturages, offrant aux éleveurs un fourrage naturel abondant et gratuit. Cette conjoncture climatique a permis une reconstitution rapide du cheptel national, qui culmine aujourd’hui à plus de 32,8 millions de têtes d’ovins et de caprins.
Pour sécuriser l’approvisionnement et éviter toute envolée des cours, le Maroc a maintenu ses corridors d’importation depuis l’Europe (Espagne, Portugal et Roumanie). Avec une demande nationale estimée entre 5,5 et 6 millions de têtes, les experts s’accordent à dire que l’offre sera largement supérieure aux besoins, de quoi doucher les ardeurs des spéculateurs.
Des prix en repli : le mouton de nouveau accessible ?
C’est la question que se posent tous les chefs de famille. Selon les premières analyses de marché, le coût d’un mouton moyen (40 à 50 kg) devrait osciller entre 3 000 et 4 000 dirhams. Une bouffée d’oxygène par rapport aux sommets vertigineux atteints en 2024.
Toutefois, la vigilance reste de mise. Si le prix de l’aliment de bétail a baissé, les frais de transport et la tentation de certains intermédiaires de « se refaire » après une année de diserte pourraient induire des fluctuations localisées. Le ministère de l’Agriculture surveille le dossier de près : une campagne de contrôle nationale a été lancée le 24 mars pour s’assurer de la préservation des femelles reproductrices et finaliser le versement des aides directes aux éleveurs.
Un moteur pour l’économie rurale
Au-delà de la dimension religieuse, ce retour de l’Aïd est une bouée de sauvetage pour le monde rural. Le sacrifice représente une injection massive de liquidités dans les douars, permettant aux agriculteurs de financer leurs prochaines campagnes et de stabiliser leurs revenus.
Pour les ménages, ce cru 2026 s’annonce donc comme celui de la réconciliation avec une tradition millénaire, sous le signe d’un équilibre retrouvé entre foi, tradition et pouvoir d’achat.
Avec L’Economiste
