Snack chic : Pourquoi les Marocains craquent pour la pistache (4 000 tonnes importées)

C’est la nouvelle star de l’apéritif et de la pâtisserie fine au Maroc. En 2025, les importations de pistaches ont brisé tous les records pour atteindre 4 050 tonnes. Entre urbanisation des modes de vie et quête de bien-être, le petit fruit à coque vert s’impose comme le nouveau chouchou des consommateurs nationaux.
Le chiffre donne le vertige : le volume de pistaches importées a été multiplié par 11,5 depuis 2019. Selon les dernières données d’EastFruit, le Maroc a déboursé pas moins de 33,9 millions de dollars en 2025 pour satisfaire cet appétit grandissant. Avec une croissance annuelle moyenne de 50 %, la pistache n’est plus un produit de luxe réservé aux grandes occasions, mais un incontournable du panier urbain.
Un changement de paradigme dans la consommation
L’engouement des Marocains pour la pistache s’explique par une mutation profonde des habitudes alimentaires :
Le snack « Healthy » : De plus en plus soucieux de leur santé, les consommateurs délaissent les produits transformés pour les fruits à coque, riches en protéines et antioxydants.
L’essor de la distribution moderne : La multiplication des enseignes de grande distribution et des épiceries fines facilite l’accès à ce produit, autrefois cantonné aux souks traditionnels.
L’urbanisation : Le mode de vie citadin favorise le grignotage nomade et « premium », où la pistache détrône progressivement les cacahuètes et les graines de tournesol.
[Graphique : Évolution spectaculaire des volumes de pistaches importés (2019-2025)]
Les États-Unis, grands gagnants de l’assiette marocaine
Paradoxalement, cette passion marocaine profite massivement aux vergers de l’Oncle Sam. Les États-Unis fournissent 92 % des pistaches consommées au Royaume. La Turquie tente une percée avec des volumes multipliés par 3,5 en un an, tandis que l’Iran reste un acteur marginal (2,2 %). Cette dépendance quasi-totale au marché américain expose toutefois le consommateur marocain aux fluctuations du dollar et des prix mondiaux.
Vers une « Pistache Made in Morocco » ?
Face à cette explosion de la demande, le plan Génération Verte 2020-2030 commence à regarder la pistache d’un nouvel œil. Cultiver ce fruit dans les zones arides du Royaume est devenu une priorité stratégique pour valoriser les terres marginales et réduire la facture des importations.
Cependant, le cycle de production d’un pistachier étant long, il faudra s’armer de patience avant de voir des pistaches locales concurrencer l’offre californienne. En attendant, le marché marocain reste un eldorado pour les exportateurs étrangers, porté par une classe moyenne qui a fait du « snacking vert » un marqueur social et de bien-être.
Avec Le360
