Éducation : Le Maroc réduit son taux de décrochage de 85 % en deux décennies (UNESCO)

C’est une performance saluée au niveau international. Selon le dernier rapport de l’UNESCO, le Maroc a réussi à ramener son nombre d’enfants non scolarisés de 2 millions à 570 000 en 23 ans. Une métamorphose portée par une explosion des infrastructures et un soutien social massif, malgré le défi persistant du coût pour les familles.
Le diagnostic du « Rapport mondial de suivi sur l’éducation » de l’UNESCO, publié ce mercredi 25 mars 2026, est sans appel : le Maroc a maintenu un rythme de scolarisation « rapide et soutenu » depuis un quart de siècle. Le chiffre le plus frappant concerne les adolescents : en 2000, 42 % d’entre eux étaient hors du système ; ils ne sont plus que 6 % en 2023.
Le boom des infrastructures : Collèges et lycées multipliés par trois
Cette réussite n’est pas le fruit du hasard, mais d’un maillage territorial sans précédent. Pour absorber le flux croissant d’élèves, l’État a multiplié les ouvertures d’établissements :
Collèges publics : Passage de 941 à 2 024 unités.
Lycées publics : Passage de 537 à 1 505 unités.
Résultat concret : l’accès au collège, qui ne concernait qu’un enfant sur deux en 2000, touche désormais 90 % des élèves en 2024.
Le soutien social, carburant de la rétention scolaire
Pour contrer l’abandon lié à la pauvreté, le Maroc a musclé ses filets sociaux. Le programme de transferts monétaires Tayssir est devenu un pilier central, bénéficiant à 3,1 millions d’élèves en 2025.
L’effort porte également sur la mobilité : le transport scolaire profite aujourd’hui à 111 000 élèves, dont les trois quarts vivent en milieu rural. Enfin, pour ceux qui ont quitté le système trop tôt, l’École de la deuxième chance joue les filets de rattrapage, avec 18 000 inscrits et un taux de réinsertion (formation ou emploi) de 72 %.
[Graphique : Chute du nombre de jeunes non scolarisés au Maroc (2000 vs 2023)]
Les zones d’ombre : Redoublement et budget des ménages
Malgré ces succès, l’UNESCO pointe des « goulots d’étranglement » qui pèsent sur l’efficacité du système :
Le coût pour les familles : La part de l’éducation dans la consommation des ménages a plus que doublé en quinze ans, passant de 1,6 % à 3,7 %. Une pression financière qui fragilise les foyers les plus modestes.
Le redoublement : Si le primaire s’améliore, le collège reste une zone de turbulence avec un taux de redoublement qui atteignait encore 23 % en 2019 (redescendu à 11 % au lycée en 2024).
Les disparités régionales : Le décrochage reste nettement plus marqué dans certaines zones enclavées, soulignant le besoin d’interventions encore plus ciblées.
En somme, si le Maroc a gagné la bataille de l’accès à l’école, il s’attaque désormais au défi de la qualité et de la réussite fluide, afin que chaque année passée sur les bancs de l’école se transforme en véritable acquis de compétences pour le marché de l’emploi.
