IFC s’associe à Tamwilcom pour renforcer l’accès des petites et moyennes entreprises marocaines au financement, à travers un dispositif innovant de partage des risques. Cette initiative cible en priorité les entreprises les plus exposées aux difficultés d’accès au crédit, notamment celles dirigées par des femmes, les exploitations agricoles et les acteurs des chaînes d’approvisionnement.
Au cœur de ce partenariat figure la mise en place d’un mécanisme de partage des risques d’un montant de 2,74 milliards de dirhams (environ 300 millions de dollars). Ce dispositif, inédit au Maroc, repose sur une structure non souveraine dans laquelle IFC intervient en tant qu’investisseur privé, couvrant un portefeuille de garanties accordées par Tamwilcom aux PME.
L’objectif est double. D’une part, élargir la capacité de garantie de Tamwilcom et mobiliser davantage de capitaux privés en faveur des PME. D’autre part, introduire sur le marché marocain des instruments financiers plus sophistiqués, susceptibles de contribuer à long terme à l’approfondissement du secteur financier.
Au-delà du financement, IFC accompagnera également Tamwilcom à travers des services de conseil, notamment pour renforcer son modèle opérationnel dans des secteurs prioritaires comme l’agriculture. Cette collaboration vise aussi à développer des solutions de financement adaptées aux chaînes de valeur et à intégrer davantage les standards environnementaux, sociaux et de gouvernance dans les mécanismes de garantie.
Les PME représentent près de 90 % du tissu économique national et constituent un moteur essentiel de création d’emplois et de développement régional. Pourtant, le déficit de financement des micro, petites et moyennes entreprises au Maroc est estimé à 20,4 milliards de dollars. Cette situation s’explique moins par un manque de liquidités que par des mécanismes de gestion des risques encore insuffisamment adaptés.
Dans ce contexte, ce partenariat ambitionne de corriger ces déséquilibres en facilitant l’accès au crédit pour des segments souvent marginalisés, en particulier les entreprises portées par des femmes, confrontées à des niveaux d’exclusion financière supérieurs à la moyenne.
Pour Ethiopis Tafara, cette initiative vise à mobiliser des capitaux privés au service des acteurs économiques qui structurent les territoires et les chaînes de valeur. Du côté de Tamwilcom, Said Jabrani souligne qu’il s’agit d’une étape clé dans le renforcement des standards de gestion des risques, en cohérence avec la stratégie « Jossour 2030 ».
Créée en 1949, Tamwilcom figure parmi les plus anciennes institutions de garantie en Afrique. En 2025, elle a permis de mobiliser environ 4,7 milliards de dollars de financements à travers plus de 70.000 opérations, confirmant son rôle structurant dans l’écosystème financier marocain.
Ce partenariat s’inscrit dans le cadre plus large des initiatives du Groupe de la Banque mondiale au Maroc, notamment en matière de soutien à l’entrepreneuriat, d’inclusion financière et de développement durable.

