Publicité : les marques tentées par le self service!

200 à 300 millions de dirhams. C’est en net, le total des budgets consacrés à l’achat d’espace digital au Maroc selon des chiffres de l’AMMC (Association Marocaine Marketing Communication). Ce chiffre, approximatif, représente quelques 9 à 10% du total achat d’espace, tous médias confondus (qui s’élève à près de 4 milliards nets). C’est l’une des annonces faites par l’AMMC lors d’une conférence-débat organisée la semaine passée autour du thème: Le marché publicitaire au Maroc bousculé par les défis de la digitalisation.

Les intervenants font en effet ressortir des constats qui ont de quoi changer notre perception de la relation média-marque. Celle-ci est en train d’être complètement chamboulée par la montée du digital.

-Premier constat, les réseaux sociaux internationaux (facebook, youtube, google, twitter, insta, snap,etc.) permettent une meilleure audience que l’ensemble de la plateforme digitale marocaine et captent donc jusqu’à 70% des budgets publicitaires.

-Deuxième constat, les marques, vu les possibilités permises par le digital, sont de plus en plus tentées par l’internalisation complète du processus publicitaire : conception, diffusion, analyse, réaction. Pourquoi? Parce que cela leur permet d’entrer en contact direct avec le consommateur tout en évitant les coûts d’achat d’espace et conseil agence. En effet, on le voit de plus en plus, les marques n’ont plus de complexe à poster leur pub’ sur les réseaux sociaux, à les sponsoriser et à interagir directement avec le consommateur.

Mais il semble que le revers de la médaille soit le fait de donner à ce dernier un pouvoir encore plus important sur les marques. Pour exemple, les groupes Facebook où l’on raconte ses expériences clients (bonnes ou mauvaises) avec une recommandation à la clé.

Pour gérer cette nouvelle donne, les marques s’adressent à une nouvelle espèce de leaders d’opinions appelés Influenceurs. Dedans il y a des journalistes reconvertis au digital, des blogueurs-nés ou encore de simples consommateurs passionnés. Ceux-là jouent le rôle de médiateur entre la marque et ses consommateurs.

Mais quelle garantie a la marque de leur loyauté?!

Avec une telle configuration, c’est l’ensemble des médias qui se voit menacé et pas seulement la presse papier. Jusqu’à quel point cette prophétie est-elle réaliste? L’Histoire nous apprend qu’il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de la technologie. Mais pour le cas précis des médias, elle nous apprend aussi que jamais un nouveau média n’a tué le précédent : la presse a survécu à la radio, qui a survécu à la télé, qui survivront au digital.

Mais le contenu en prendra certainement un coût!