DossiersElections et classes moyennes

Istiqlal: stimuler le pouvoir d’achat et sortir de l’économie de rente

Le parti de Si Allal affiche clairement son ambition de diriger la future coalition gouvernementale. Il affiche dans cette perspective l’objectif de redynamiser l’économie et de promouvoir la classe moyenne.

Les experts s’attendent à ce que l’Istiqlal soit dans le top 3 des gagnants lors des prochaines élections législatives. En tout cas, l’ambition de son secrétaire général, Nizar Baraka, est d’augmenter le nombre de députés de 40 à 50%, pour atteindre 75 à 80 sièges.
Mesures de relance économiques, cohésion sociale, éducation, santé, ….le parti compte mener le combat sur tous les fronts. Ainsi, la vision du parti pour les cinq prochaines années englobe 7 axes principaux. Il s’agit de consolider la souveraineté nationale, assurer une meilleure efficience de l’Etat, renforcer la résilience sociétale, relancer l’économie nationale de manière responsable et sortir de l’économie de rente et de la politique des privilèges.
Aussi, les Istiqlaliens veulent poursuivre la transformation écologique et numérique et consolider la cohésion sociale.

Ce que propose l’Istiqlal pour la classe moyenne

La classe moyenne est l’une des priorités affichées du programme istiqlalien.
Amine Nejjar , vice-président de l’association des économistes istiqlaliens (AEI), évoque une série de mesures visant à alléger la pression sur cette catégorie, dont certaines ont été proposées dans le cadre des trois dernières lois de finances par le groupe istiqlalien sans être prises en
considération par le gouvernement.
« Il s’agit concrètement d’une feuille de route qui regroupe quatre axes principaux. : améliorer le pouvoir d’achat, assurer des services publics de qualité à moindre coût, généraliser la couverture sociale et agir sur les conditions de vie des marocains », détaille Nejjar.
Pour le pouvoir d’achat, l’istiqlalien explique que la priorité sera donnée à l’amélioration des revenus des ménages à travers diverses mesures et la réduction de la pression fiscale.
«Nous proposons dans ce cadre le relèvement du plafond de l’exonération de l’IR à 36.000 DH l’année au lieu de 30.000 DH aujourd’hui.
La déduction fiscale des frais de scolarité payés par les parents pour l’éducation de leurs enfants dans la limite de 6.000 DH par an et par enfant scolarisé et de celle des dépenses destinées aux formations qualifiantes des enfants à charge mêmes adultes». Nejjar ajoute aussi certaines propositions pour le logement dont une concernant la déduction des intérêts des prêts destinés aux premières acquisitions à hauteur de 20% du revenu global au lieu de 10% prévu actuellement. Sur le volet amélioration et développement des services publics de qualité et à moindre coût, l’accent sera mis sur la santé, l’éducation et le transport. Dans le détail, le vice président de l’AEI note que le parti dispose d’un programme spécial pour
le secteur de la santé dont certaines mesures sont destinées à la classe moyenne.
«L’objectif est d’améliorer les conditions de prise en charge au sein des hôpitaux publics notamment au niveau du service des urgences.
Une carte sanitaire est également établie afin d’encourager l’implantation des cliniques privées dans des zones où la demande existe dans le cadre d’un partenariat public privé.
Nous voulons aussi mettre en place un régime d’assurance maladie complémentaire qui va réduire la vulnérabilité et renforcer la stabilité sociale », souligne Nejjar. Dans le secteur de l’éducation, l’Istiqlal s’engage à oeuvrer pour la généralisation du prêt scolaire de qualité sur tout le territoire, la réduction des disparités entre le milieu urbain et rural , et entre le public et le privé notamment en matière d’égalité des chances et de qualité de l’enseignement.
Un système de bourses est prévu pour les enfants issus de la classe moyenne.
Concernant le transport, «on compte mettre en place une structure unique pour la gestion des transports en commun. L’objectif est d’aller vers une optimisation et une efficience de tout le système de transport (personnel, scolaire, professionnel….) qui occupe une part importante au niveau
des revenus des ménages », promet Nejjar. Pour l’amélioration des conditions de vie des ménages, des actions sont également prévues pour faciliter l’accès de larges pans de la population au logement, au sport, à la culture, aux loisirs et au tourisme interne.

“ L’Istiqlal s’est engagé à ne proposer que des mesures qui seront finançables, réalisables et réalistes ”

Amine Nejjar, vice président de l’Alliance des Économistes Istiqlaliens (AEI)

Quelle place occupe la classe moyenne dans le programme électoral de l’Istiqlal?

La classe moyenne est le noyau dur de la société marocaine. Elle est en souffrance depuis quelques années. On estime aujourd’hui que
le renforcement de cette classe doit être inscrit comme objectif stratégique des politiques publiques dans les différents domaines, notamment à travers les Lois de Finances, en facilitant l’accès au logement, en augmentant les revenus, en améliorant l’accès à l’éducation, à la santé et aux services publics, aux sports et loisirs, au
transport… et en révélant les opportunités et facilitant l’accès à l’emploi, y compris par l’entrepreneuriat.
Nous sommes dans une situation exceptionnelle et nous ne pouvons dépasser cette crise que si nous rétablissons la confiance.
L’Istiqlal propose une série de mesures qui amélioreront les conditions de vie des ménages marocains et renforceront la demande intérieure. Il est donc nécessaire de faire des choix courageux qui soient à la hauteur des espérances. En gros, nous avons des propositions qui peuvent relancer la croissance et générer de l’emploi le tout en favorisant la préférence nationale.

Quelle vision pour la généralisation de la protection sociale ?

C’est un chantier qui a été initié par le Roi et on compte s’y atteler et mettre en place les moyens nécessaires pour atteindre l’objectif escompté.
L’objectif est d’avoir des établissements sanitaires à travers le pays qui soient équipées et un personnel soignant motivé et en nombre suffisant.
Pour cela on prévoit le doublement voire même le triplement des capacités de formation des médecins, infirmiers et aides soignants. Pour nous, la couverture médicale ne pourra être efficiente, que si des soins de qualité sont accessibles à tous sur l’ensemble du territoire dans le cadre d’une politique juste et équilibrée des prix des soins sur tout le territoire et sans exiger de paiement des soins à l’avance aux familles vulnérables
et celles de la classe moyenne.

Quel sera le budget prévu pour la mise en oeuvre de votre programme ? Et qu’en est-il des sources de financement?

Le budget n’est pas encore dévoilé. Et l’annonce sera faite dans quelques jours. Pour le financement, il ne faut pas s’inquiéter. Nous nous sommes engagés à ne proposer que des mesures qui seront finançables, réalisables et réalistes.
On ne peut rester dans cet attentisme et nous espérons que les résultats des élections nous permettront de mettre en place un programme qui va améliorer la vie des marocains.
Ce programme sera annoncé étape par étape et sera décliné sous formes de programmes régionaux adaptés aux besoins de chaque région.

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