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PPS: Un « revenu minimum de dignité» pour les ménages pauvres et sans revenu

En dépit de ses faibles résultats dans les élections, le PPS se targue d’être un acteur dont le poids politique est reconnu. Les préparatifs pour l’échéance fixée sont en cours. Et l’humain reste au centre des priorités du parti du livre pour les cinq prochaines années.

Nous sommes un parti qui vise à défendre les intérêts des plus démunis. Et la classe moyenne figure au centre de nos priorités », lance d’emblée le secrétaire général du PPS, Nabil Benabdellah.
Le parti a exposé sa vision il y a quelques jours. Benabdellah estime que le programme est le fruit d’un travail d’écoute de divers pans de la société et le résultat de concertation et de consultation d’un certain nombre d’experts dans un certain nombre de domaines comme l’éducation, la protection sociale, le système sanitaire, les questions culturelles…
Le programme se base sur plusieurs axes principaux.
Le premier concerne la nécessité de construire une économie forte, inclusive, créatrice d’emplois décents, au service du développement et de la souveraineté nationale sur tous les plans.
« Il s’agit de penser comment financer les actions du programme du PPS, comment «arriver à un taux de croissance de 6%, faire en sorte que nous puissions élever le rythme de production de notre pays et compter sur une économie nationale dans laquelle l’Etat joue un rôle moteur mais également le secteur privé qui peut émerger et développer tous les nouveaux secteurs, l’industrialisation, la numérisation… », explique Benabdallah. Pour le PPS, l’Etat doit donc jouer pleinement son rôle de stratège et de régulateur mais il doit également agir en tant qu’acteur direct à travers notamment un service public fort d’où la nécessité de garder la pleine maîtrise de secteurs stratégiques. Autre axe majeur : placer l’humain au coeur des politiques publiques « en misant et en investissant en particulier sur son éducation, sa santé, sa protection sociale.. ». Pour le PPS, ce chantier doit être considéré comme un moteur du développement qui ouvre des opportunités de croissance tout en permettant d’avancer vers la société solidaire. Cela implique une réforme du système de santé et une consécration du droit à la santé aussi bien à travers la prévention que l’élargissement de l’offre de
soins, avec la priorité absolue accordée à l’hôpital public et au renforcement de l’encadrement sanitaire de la population avec la mise en place d’une nouvelle politique pharmaceutique.
Concernant l’emploi, le PPS s’engage à la mise en place, secteur par secteur, d’un pacte social par le biais duquel l’entreprise s’engage à sauvegarder les emplois, l’Etat s’engageant à soutenir le financement de l’entreprise.
Le parti insiste particulièrement sur le maintien de l’investissement public à un niveau élevé -plus de 200 milliards de dirhams par amélioration son efficacité et son impact sur les populations ainsi que les taux de réalisation effectifs. Aussi, il est prévu d’encourager, par une incitation financière, les chômeurs de longue durée à la recherche active d’emploi, à la formation, à la reconversion et à la mobilité géographique (financement pour le premier emploi, aide au logement…). Le parti promet également d’opter pour un « revenu minimum de dignité » au profit des ménages pauvres et sans revenu et protéger les revenus des petits agriculteurs, améliorer la situation des travailleurs salariés dans la grande agriculture en alignant progressivement le SMAG sur le SMIG et en respectant l’égalité salariale entre sexes.

“ Le PPS n’a pas attendu le Nouveau modèle de développement pour proposer un programme ”

Quelle est la place de la classe moyenne dans votre programme ?

La classe moyenne est au centre même de nos priorités. Elle souffre énormément sur tous les plans : sa santé, éducation et carrière des enfants, cadre de vie … ; De plus, nous estimons que cette classe pourra constituer une bonne partie de notre électorat, et on a besoin de la mobiliser et la pousser à aller voter. Chose qui n’est pas aisée puisque la réalité est que cette catégorie est souvent concernée par le phénomène de l’abstention.
Je m’adresse alors à cette classe : vous protestez parce que vous estimez que les élus ne sont pas compétents alors que vous adoptez une attitude négative lors des élections de ceux qui vous représentent.
Finalement il fat savoir que cette attitude ne fait que consacrer l’existant. Les élections auront lieu, et des élus vont être choisis, et les décisions qui seront prises vont impacter la vie de cette classe même si elle n’a pas contribué à élire les gens qui la représentent. Alors autant aller voter pour ceux qui méritent.

Des propositions concrètes alors ?

Nous sommes l’un des rares partis qui disposent réellement d’un programme d’abord. Ensuite, nous avons de nombreuses propositions qui concernent la classe moyenne au niveau de divers domaines tels que l’éducation, la protection sociale, la santé, l’amélioration des conditions de l’emploi des jeunes , la réduction de la pression de fiscale…un arsenal de mesures qui a pour objectif d’améliorer le pouvoir d’achat de la classe moyenne et alléger la pression qu’elle subit depuis un certain moment. Ce qu’il faut mentionner, c’est qu’il ne s’agit pas d’un programme avec un catalogue de promesses. Notre plan a été décliné plutôt sous forme de propositions cohérentes qui constituent, dans l’ensemble, une vision de l’action gouvernementale pour les cinq années à venir, avec des priorités et des défis à relever.

Vous-êtes vous inspiré du rapport sur le Nouveau Modèle de Développement (NMD)?

Le PPS n’a pas attendu le NMD pour proposer un programme. Il faut dire que ce modèle a confirmé, en grande partie, la vision du PPS : l’être humain doit être mis au centre de tout processus de développement.
Cette formulation existe dans nos programmes et nos documents de congrès depuis 2011 et nous nous félicitons de la retrouver dans le nouveau modèle de développement. La protection sociale universelle par exemple était un chantier que nous avons défendu en premier au moment où ceux qui sont actuellement au gouvernement nous accusaient d’être des rêveurs. Il a fallu alors que sa Majesté initie ce projet pour que tout le monde y adhère. Le NMD contient en effet des éléments de réponse aux principaux problèmes de la société marocaine. Et nous adhérons globalement à ses orientations et ses principes, aussi bien sur le plan économique que sur le plan social. Encore faut-il que la dimension politique soit prise en compte avec un « nouveau souffle démocratique ».

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